Jeudi soir, les députés ont voté plusieurs mesures visant à lutter contre l'usage abusif du protoxyde d'azote, particulièrement chez les jeunes. Ce débat parlementaire a été marqué par l'intensité du match de football France-Maroc au Mondial 2026, beaucoup d'élus suivants la rencontre sur leurs appareils mobiles.
Ce dispositif s'inscrit dans le projet de loi "Ripost", qui vise à renforcer la sécurité au quotidien. Les nouvelles sanctions concernent non seulement la consommation, mais aussi la vente de ce gaz, souvent qualifié de "gaz hilarant", dont la consommation croissante suscite des inquiétudes au sein des autorités de santé.
Initialement, le texte de loi proposait de créer un délit spécifique pour l'inhalation de protoxyde d'azote, ainsi qu'un délit de conduite sous substances psychoactives. Salaheddine Mezzour, expert en toxicologie, note que "la nature même de ce gaz pose des risques sérieux, surtout pour les jeunes utilisant des substances sans mesures de sécurité adéquates".
Bien que les sénateurs aient recommandé d'interdire totalement la vente de ce gaz aux particuliers — et ce, malgré son utilisation en cuisine pour la chantilly — l'Assemblée a décidé d'adopter cette interdiction avec un délai d'application prévu pour le 1er février 2027, afin de respecter les réglementations européennes.
Pour l'instant, les députés ont renforcé les sanctions pour la vente illégale de protoxyde d'azote, avec des peines pouvant aller jusqu'à deux ans de prison et 7 500 euros d'amende pour la détention et le transport au-delà d'un certain seuil.
Les débats ont été, à plusieurs reprises, interrompus par les annonces du match, illustrant ainsi l'intérêt croissant pour le sport au sein de l'assemblée. Gabriel Attal, visiblement affecté par le match, n'a pas pu cacher sa frustration après le penalty manqué de Kylian Mbappé.
Le climat de la séance s'est détendu brièvement lors de l'annonce d'un but de Mbappé, suscitant des rires et des applaudissements, mais il y avait aussi des discussions serrées sur d'autres mesures aussi importantes du projet de loi, notamment celles permettant de suspendre les permis de conduire pour usage répété de stupéfiants.
D'autres points de tension ont également émergé, notamment autour des mesures visant à éradiquer les rodéos urbains et le renforcement des évacuations forcées de squatteurs. Pierre-Yves Cadalen, de LFI, a exprimé ses préoccupations face à ces mesures, appelant à construire davantage de logements pour ceux dans le besoin. En réponse, le député RN Yoann Gillet a soutenu que "les honnêtes gens méritent protection contre les délinquants", un commentaire qui a suscité des éclats de rires.
Sur le plan sécuritaire, le gouvernement a proposé de renforcer les interdictions administratives de stade, en réponse à des incidents violents survenus récemment lors d'événements sportifs. Cependant, cette suggestion a été accueillie avec scepticisme et rejetée par de nombreux élus lors du vote.
Néanmoins, l'Assemblée a validé une mesure qui permettrait aux préfets de restreindre les déplacements des supporters à ceux reconnus coupables de violences répétées. Un amendement supplémentaire a également été adopté, cherchant à individualiser les décisions préfectorales, afin d'éviter de pénaliser l'ensemble des supporters pour les actions d'une minorité.







