La tension monte au sein du parti écologiste à l'approche de la présidentielle de 2027. Sandrine Rousseau, figure emblématique des Verts, n'hésite pas à secouer les fondations de son propre groupe en contestant la candidature de Marine Tondelier. Son objectif ? Rallier les voix derrière Jean-Luc Mélenchon, qu'elle considère comme le meilleur atout à gauche pour atteindre le second tour.
Dans une série d'interviews accordées à divers médias, y compris La Dépêche, Rousseau argue que trop de candidatures pourraient nuire aux chances de la gauche. "Nous savons que le nombre de candidats peut compromettre la capacité à passer le premier tour", souligne-t-elle, insistant sur la nécessité de soutenir rapidement Mélenchon, dont le programme axé sur l'écologie et la rupture la séduit.
Cependant, elle n'est pas sans réserves concernant une éventuelle alliance avec le Parti Socialiste, qu'elle critique sur certaines de ses positions internationales. Cette prise de position souligne une fracture croissante au sein des Verts, où les opinions divergent sur la direction à suivre. Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l'Assemblée, penche pour un dialogue inclusif avec LFI et le PS, ce qui va à l'encontre de Rousseau.
Un vote interne a déjà montré que 61% des militants sont favorables à Tondelier, ce qui pousse Rousseau à faire entendre sa voix dans ce débat crucial. Elle déclare : "Le peu de participants et les nombreux bulletins blancs lors de ce vote révèlent une volonté de maintenir une candidature écologiste, même si cela pourrait se traduire par un score faible. Le ridicule, dans ce cas, peut s’avérer fatal."
Rousseau aspire à jouer un rôle clé dans l'alignement des Verts derrière Mélenchon, se positionnant en quelque sorte comme le relais de ce dernier, à l'instar de ce qu'a fait François Bayrou pour Emmanuel Macron en 2017. Cependant, elle craint que Tondelier, elle-même soutenue par plusieurs membres influents du parti, ne se rapproche de l'aile plus modérée portée par Olivier Faure.
La récente adoption d'une motion visant à exclure tout membre soutenant un candidat extérieur a intensifié les tensions. Rousseau dénonce cette intimidation : "Ce parti appartient à tous, pas uniquement à la ligne de Tondelier. Je poursuivrai mon combat de l'intérieur, quoi qu'il en coûte."
Cette lutte pour le pouvoir au sein des Verts ne fait que révéler des clivages profonds, entre les lignes libérales et plus à gauche, qui sous-tendent le fonctionnement du parti. À l'approche de la présidentielle, la nécessité d'une réflexion approfondie sur l'identité et l'unité des écologistes s'impose plus que jamais.







