Un rapport récent, présenté au ministre Sébastien Lecornu par Arthur Delaporte et Stéphane Vojetta, met en lumière les nouvelles dérives observées sur les réseaux sociaux depuis l'adoption de la première "loi influenceurs". Bien que les deux rapporteurs jugent cette loi "globalement positive", ils soulignent des enjeux urgents à résoudre, notamment des pratiques nocives sur TikTok et des formes de proxénétisme numérique.
Le premier point de préoccupation concerne TikTok et sa fonction de "live match". Ce type de diffusion en direct incite les utilisateurs à faire des dons virtuels, ressemblant souvent à un jeu de hasard. Selon les rapporteurs, ces interactions sont conçues comme des concours dont l'objectif principal est de maximiser les dons financiers. Des experts en comportement numérique, comme le sociologue Pierre Lévy, soulignent que ce modèle peut mener à des comportements addictifs et à des pertes financières significatives pour les jeunes utilisateurs.
En plus de TikTok, le rapport évoque le développement de plateformes comme OnlyFans, qui, avec leur gestion agressive du contenu, ouvrent la voie à des pratiques de proxénétisme numérique. Des articles publiés par le Journal du Net mettent en avant le risque que les utilisateurs, en quête de reconnaissance et de validation, se retrouvent piégés par des promesses de gains rapides et faciles. Cela pose des questions éthiques et légales autour de l'exploitation et de la régulation de telles plateformes.
En réponse à ces dangers, les rapporteurs recommandent que le gouvernement agisse rapidement pour établir des régulations pertinentes. Cela inclurait potentiellement une évaluation plus rigoureuse des contenus et une sensibilisation accrue aux dangers d'une consommation incontrôlée des réseaux sociaux. Les députés prônent également l'interdiction pour les moins de 15 ans d'utiliser certaines applications et suggèrent la mise en place d'un couvre-feu numérique pour les adolescents de 15 à 18 ans.
Alors que la société évolue et que les digues de régulation peinent à suivre, la vigilance face à ces dérives devient cruciale. Comme l'a noté le rapport, "le monde numérique ne doit pas se transformer en un Far West où les plus vulnérables sont les premières victimes". Les mois à venir devraient voir des propositions de lois pour mieux encadrer ces nouveaux enjeux, avec l'espoir d'un cadre plus juste pour tous les utilisateurs des plateformes modernes.







