Alain Orsoni, ancien responsable du club de football de l'AC Ajaccio et figure emblématique du nationalisme corse, a été abattu ce lundi lors des obsèques de sa mère à Vero, en Corse-du-Sud. Selon le procureur de la République d'Ajaccio, Nicolas Septe, il s'agit d'un meurtre exécuté avec un « tir à longue distance », ce qui a conduit à une enquête pour assassinats en bande organisée.
Cet acte tragique n’est pas un fait isolé. Orsoni avait précédemment fui en Nicaragua après un premier exil en Floride en 1996, cherchant à échapper aux guerres fratricides brutalement imposées par le milieu nationaliste. En août 2008, il avait déjà frôlé la mort lors d'une tentative d'assassinat orchestrée par des membres d’un groupe rival, lié à l'équipe du « Petit Bar ».
Contexte explosif en Corse
À cette époque, Orsoni avait pris la tête de l'AC Ajaccio peu après la mort de son ami Michel Moretti. Sa montée en puissance dans un climat de tensions croissantes a suscité de nombreuses convoitises. L’assassinat d’Ange-Marie Michelosi, un des leaders de l'équipe du « Petit Bar », a particulièrement exacerbé les rivalités, notamment parmi ceux qui souhaitaient s'approprier l'héritage de Jean-Jé Colonna, parrain décédé en 2006.
Une source proche des membres du « Petit Bar » avait été interceptée par la police disant que « tuer Alain signifie s'assurer le contrôle de la ville ». Cette déclaration souligne la fragilité de la situation à cette période où la violence était omniprésente.
Un plan de meurtre déjoué
En août 2008, les forces de l'ordre ont intercepté un commando dont faisait partie Pascal Porri, ancien lieutenant d'Ange-Marie Michelosi. Les agents, avertis par un renseignement anonyme, ont trouvé des armes et des équipements permettant un guet-apens. Les six membres du commando, soupçonnés d’avoir planifié l'assassinat d’Orsoni, ont été arrêtés dans un hôtel à Ajaccio.
Justice rendue, mais tensions persistantes
Les enquêtes judiciaires ont conduit à la mise en examen de plusieurs suspects, dont deux potentiels membres de la « bande du Petit Bar », tous ayant été condamnés à des peines de six ans de prison en 2011. Leur procès a mis en lumière la violence persistante qui règne en Corse, un territoire où les rivalités clans et l’histoire des luttes pour le pouvoir continuent d'influencer la vie quotidienne.
Alors que les details de l'assassinat d'Alain Orsoni se dévoilent, la communauté corse se retrouve à nouveau confrontée à ses démons. Selon des analystes et experts en sécurité, cet assassinat rappelle la nécessité d'une action résolue contre la criminalité organisée en Corse, et pose la question de l'avenir du nationalisme sur l'île. La violence ne semble pas avoir dit son dernier mot.







