Ce lundi 12 janvier, Alain Orsoni, personnage emblématique du nationalisme corse, a été tué d'une balle à longue distance alors qu'il assistait aux funérailles de sa mère à Vero, un village du sud de la Corse. Âgé de 71 ans, Orsoni avait pris ses distances avec la politique pour se consacrer aux affaires, notamment comme président de l'Athletic Club d'Ajaccio.
Le mode opératoire du meurtre est pour le moins inhabituel. En plein service funèbre, plusieurs témoins, une cinquantaine au total, ont entendu le détonation des coups de feu. Selon des sources proches de l'enquête, les tirs auraient été effectués par un tireur embusqué, probablement un sniper, comme l'a rapporté RTL. Les premières constatations révèlent que trois impacts de balles ont été découverts, mais seul l'un d'eux a été fatal pour la victime.
Une enquête spéciale déclenchée
Le procureur d'Ajaccio, Nicolas Septe, a immédiatement ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée, confiée à la collaboration entre la police et la gendarmerie. Ce cas a été pris en charge par le parquet national anti-criminalité, une initiative qui témoigne de la gravité de la situation et de l'importance de la victime dans le milieu.
Alain Orsoni avait eu un parcours tumultueux, marqué par des événements violents dans les années 80. Leader d’un mouvement indépendantiste, il a vu sa vie menacée à plusieurs reprises, notamment lors d'une tentative d'assassinat déjouée en 2008. Son frère, Guy Orsoni, avait déjà été victime d'un meurtre en 1983, un héritage tragique qui a pesé sur sa vie.
Un abattage inédit en Corse
Des experts s'interrogent sur les motivations de ce meurtre. Les enterrements ont traditionnellement été des événements respectés en Corse, et cet acte vise à provoquer une onde de choc au sein de la communauté. Un observateur du milieu politique français a confié à Le Monde : "L'exécution d'Alain Orsoni dans un tel contexte est profondément symbolique et témoigne d'une crise de loyauté et de respect au sein du monde du banditisme corse."
Orsoni, reconnu pour sa stratégie politique, a été une figure clivante, ayant fusionné nationalisme et affaires. À plusieurs reprises, il a échappé à des menaces de mort et sa fin tragique soulève des questions sur l'avenir du nationalisme corse et les tensions persistantes dans la région. Le meurtre pourrait également avoir des conséquences sur la réconciliation entre les anciens rivaux dans le militantisme indépendantiste.
Le parquet national anti-criminalité a déjà envoyé une équipe sur place, et une enquête approfondie est en cours pour d'éventuelles connexions à des groupes criminels connus. Le regard des autorités est désormais tourné vers une évolution potentielle du paysage violent qui a longtemps marqué l'île.







