Vero (France) – À 71 ans, Alain Orsoni, une figure emblématique du nationalisme corse, a été abattu lundi lors des obsèques de sa mère, déclenchant une onde de choc sur l'île de beauté. Cet assassinat fait écho aux violences persistantes qui ravagent la région, souvent alimentées par des luttes de pouvoir entre bandes criminelles.
Les événements se sont déroulés vers 16H30 à Vero, un petit village situé à une trentaine de kilomètres d'Ajaccio. Selon le procureur de la République, Nicolas Septe, Orsoni a été touché par un tir à longue distance alors qu'il se tenait devant la tombe de sa mère. Rapidement, l'affaire a été transférée au nouveau Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), qui doit traiter le meurtre en bande organisée.
Des témoins rapportent qu'Alain Orsoni semblait serein le matin même, menant ses affaires sans aucune protection. Jo Peraldi, un proche, souligne : "Je n'ai jamais vu, même en Corse, un assassinat lors d'obsèques. C'est un tabou qui vient d'être brisé." L'impact émotionnel sur la communauté est palpable, surtout dans un contexte où un drame aussi spirituel que la mort d'une mère est désormais entaché par des actes de violence.
Orsoni avait refait sa vie au Nicaragua après avoir quitté la Corse en 1996, en pleine escalade de la violence nationaliste. Poli, mais impitoyable, Orsoni a aidé à fonder le Mouvement pour l'autodétermination (MPA), qui a souvent été critiqué comme étant davantage tourné vers les affaires que vers le militantisme pur.
Cette tragédie fait écho à d'autres assassinats marquants, comme celui du bâtonnier Antoine Sollacaro en 2012. La rivalité persistante entre le clan Orsoni et d'autres groupes criminels corse, notamment le Petit Bar, est un sujet de discussion parmi les experts en sociologie et en criminalité organisée. Pierre Ferracci, un spécialiste du crime en Corse, déclare que "la société corse est souvent prise en étau entre ses traditions et les nouvelles dynamiques de la criminalité organisée, où même les obsèques ne semblent plus être un sanctuaire".
Alors que la police poursuit son enquête, la question reste ouverte : cette violence marquera-t-elle un tournant dans l'histoire tumultueuse de la Corse ? Quel avenir pour ceux qui ont souffert sous le poids de telles tragédies ?







