En 2025, Airbus a enregistré la livraison de 793 avions commerciaux, marquant une progression de 4 % par rapport à l'année précédente. Toutefois, ce chiffre reste nettement inférieur à celui de 2019, avant la pandémie de Covid-19, et met en lumière un resserrement de l'écart avec son rival américain Boeing.
Christian Scherer, directeur général d'Airbus aviation commerciale, a souligné l'incroyable résilience du secteur de l'aviation commerciale. "Malgré un contexte géopolitique instable, la demande pour les voyages aériens et l'acquisition de nouveaux appareils demeure forte," a-t-il expliqué lors d'une récente conférence. Même si des problèmes d'approvisionnement subsistent, les livraisons continuent d'augmenter d'année en année.
Ainsi, début décembre, Airbus a dû réduire son objectif de livraison pour 2025, initialement fixé à 820 appareils, à 790 unités, en raison de problèmes de qualité affectant les panneaux du fuselage de son modèle phare, l'A320. Les défis croissants associés aux délais de livraison des moteurs ont également influencé cette révision, les monocouloirs étant particulièrement touchés. Ce constat a été relayé par Florence Parly, ministre des Armées, qui a exprimé son inquiétude quant à la compétitivité du secteur.
En dépit des embuches, les commandes ont afflué, avec 1.000 commandes brutes en provenance de 57 clients, notamment 656 A320. Le carnet de commandes d'Airbus s'élève désormais à un impressionnant total de 8.754 appareils, reflétant une confiance renouvelée dans le marché.
Pour sa part, Boeing, qui doit rendre publics ses résultats bientôt, a diminué l'écart avec Airbus en termes de livraisons, ayant récemment enregistré 537 appareils livrés entre janvier et novembre—le meilleur chiffre depuis 2018. Néanmoins, Boeing a été en difficulté ces dernières années, et sa récente politique agressive sous l'administration Trump semble avoir favorisé ses prises de commandes.
Christian Scherer a également commenté l'importance de la concurrence émergeante : "Le retour de Boeing après plusieurs années de turbulences est une bonne nouvelle pour le secteur. Cette compétition nous pousse à améliorer constamment notre offre, à aller vers l'innovation et à renforcer la qualité de nos produits." Entre janvier et novembre, Boeing a conclu presque 1.000 commandes nettes, consolidant son carnet d'ordres à 6.616 appareils, comprenant une majorité de Boeing 737 MAX.
Les prévisions pour 2025 restent néanmoins floues, puisque Boeing n'a pas encore annoncé d'objectifs officiels de livraisons, se concentrant plutôt sur la stabilisation de sa production. Les experts du secteur estiment que l'objectif pourrait se situer entre 590 et 610 avions. Le combat entre Airbus et Boeing semble ainsi être plus intense que jamais, avec des enjeux économiques significatifs pour l'ensemble de l'industrie aéronautique.







