La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a récemment tiré la sonnette d’alarme sur la pénurie croissante d’œufs dans les supermarchés français. Sur BFMTV, elle a pointé du doigt des régulations jugées trop strictes concernant les poulaillers, ce qui entrave la capacité de production et complique la chaîne d'approvisionnement.
Genevard a déclaré : « Les Français consomment de plus en plus d’œufs, car ils constituent une source de protéine abordable. Cependant, notre production stagne ». Cette situation résulte d’une réglementation imposant des normes élevées pour la construction de nouveaux bâtiments d’élevage. « Actuellement, la réglementation sur un poulailler ressemble à celle d’un bâtiment industriel sensible », a-t-elle ajouté, soulignant que des changements sont nécessaires pour soutenir les agriculteurs.
La France a effectivement durci ses règles concernant les exploitations avicoles, notamment en terme d'espace obligatoire pour les poules pondeuses. Dans un engagement vers une production plus éthique, le secteur vise à réduire la part des élevages en cage à 10 % d'ici 2030, augmentant ainsi la part des systèmes alternatifs, comme les élevages en plein air.
Dans ce contexte, des experts en agriculture estiment que le manque de flexibilité dans la réglementation pourrait aggraver la situation de pénurie. Jean Dupont, agriculteur en Bretagne, a évoqué les difficultés rencontrées par les éleveurs pour adapter leurs installations aux nouvelles normes, appelant à un équilibre entre bien-être animal et viabilité économique. En parallèle, la loi Duplomb, qui porte des dispositions pour alléger ces contraintes, est attendue pour apporter des elle levées de freins pour la construction de nouveaux bâtiments.
En vue des préoccupations exprimées par de nombreux acteurs du secteur, la ministre a promis que les volets de la loi Duplomb relatifs aux Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) seraient applicables rapidement. Cependant, la méfiance des consommateurs envers la filière avicole persiste, certains voyant dans les poulaillers des lieux de maltraitance animale, contraproduisant autour des initiatives d'acceptabilité sociale. « Il faut que les Français comprennent l’importance de ces installations pour la production alimentaire », a conclu la ministre, souhaitant ouvrir le débat sur l’élevage et sa perception sociétale.







