La Corse est secouée par l'assassinat tragique d'Alain Orsoni, véritable icône du nationalisme insulaire. Agé de 71 ans, l’ancien président de l’AC Ajaccio a été mortellement atteint par une balle alors qu'il se recueillait devant la tombe de sa mère, dans le village paisible de Vero, le jour même de ses obsèques. Ce geste violent a provoqué une onde de choc à la fois sur l'île et dans l'ensemble de la communauté nationale.
Les faits se sont déroulés aux alentours de 16 heures 30. Selon le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, Orsoni aurait été touché par un tir à longue distance, ce qui laisse supposer une exécution soigneusement planifiée. L'abbé Roger Polge, présent lors de la cérémonie, a relaté le moment tragique : « En un instant, le silence a été brisé par un coup de feu et Alain s'est effondré », témoignant du caractère inattendu et choquant de l’événement.
« C'est un acte inacceptable », a déclaré un politicien local. « L'île mérite mieux que cette violence, qui semble maintenant omniprésente. » L'incident a d’ailleurs ravivé des échos d'une époque où la Corse était gangrenée par la violence et le banditisme, un passé que beaucoup espéraient laisser derrière eux. Certains citoyens n'hésitent pas à comparer la situation actuelle de l'île avec celle de la Sicile, réputée pour ses assassinats ciblés.
Les autorités judiciaires engagées dans l’enquête sont désormais confrontées à une situation complexe. Le Parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) s'est saisi de l'affaire, tandis que des équipes de la police judiciaire d'Ajaccio, ainsi que de la brigade nationale contre la criminalité organisée, sont mobilisées pour tenter de retracer les étapes qui ont conduit à ce crime odieux.
Au-delà de la perte d'Alain Orsoni, l'impact de cet assassinat sur la vie politique corse est d'une ampleur considérable. Alain Orsoni n'était pas qu'un simple homme politique, il représentait une voix puissante au sein du mouvement nationaliste. Son retour sur l'île après des années d'exil, marqué par des tensions politiques et des rivalités familiales, laisse entrevoir une perspective troublante pour l'avenir du nationalisme en Corse. De nombreux experts s'interrogent désormais sur les implications de cet acte : « Cet assassinat pourrait signifier un affrontement accru entre les différentes factions en Corse », a déclaré un spécialiste de la criminalité en milieu insulaire.
Alain Orsoni, après une carrière tumultueuse et plusieurs incarcérations, avait su regagner une certaine respectabilité au sein de la société corse. Son implication à l'AC Ajaccio, qu'il avait présidée à deux reprises, témoigne de son désir de réconciliation et de reconstruction de l'image de la Corse. Pourtant, il semble que ses fréquentations et son passé continuent de le rattraper, et la rivalité avec d'autres clans criminels, notamment le Petit Bar, n'est pas près de s’effacer.
En conséquence, cet acte n'est pas seulement un drame personnel, mais un révélateur des dessous troubles de la société corse actuelle. Alors que la communauté pleure la perte d'une figure emblématique, la question sur les racines de cette violence persiste et appelle à une réflexion générale sur l'avenir de l'île. La frilosité méthodologique de précédentes enquêtes sur la criminalité en Corse pourrait également poser des défis supplémentaires à une legalità cruciale, afin d'endiguer cette vague de violence.







