Le Conseil européen a récemment donné son feu vert à la Commission pour signer le volet commercial de l'accord entre l'Union européenne et le Mercosur, qui inclut des pays comme l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay. Cette décision, qui se fait au détriment de l'opposition française, a suscité des réactions vives, notamment de la part du sénateur Alain Cadec, qui qualifie cette signature de "humiliante" et de "dramatique pour notre agriculture".
La France, sous la pression des milieux agricoles et de l'opinion publique, a tenté sans succès de bloquer l'accord. En dépit des réticences affichées, le gouvernement n'a pu rassembler une minorité de blocage et a donc dû se résigner à cette issue, provoquant colère et frustration parmi les agriculteurs. Comme l'indique Le Monde, cette situation accentue le sentiment anti-européen qui commence à s'installer dans certaines couches de la population française.
La France se retrouve donc piégée entre les intérêts européens et les attentes de son agriculture. Les critiques soulignent notamment trois illusions véhiculées par le gouvernement. La première étant la croyance que la France pouvait empêcher seule la signature de cet accord, alors que les règles du Conseil européen requièrent une majorité qualifiée. Deuxièmement, l'idée que des "clauses miroir" pourraient effacer le risque concurrentiel des concessions douanières a également été balayée, les pays du Mercosur refusant de telles modalités. Enfin, les promesses de garanties en matière de sauvegardes en cas d'augmentation des importations semblent également illusoires.
Face à cette situation, des économistes comme Jean-Michel Six, cités par France 24, mettent en garde contre les conséquences néfastes que pourrait engendrer cet accord pour le secteur agricole français. Les concessions faites par Paris contrebalancent les attentes d'une protection de son agriculture, et la colère pourrait bien s'intensifier si la situation n'est pas rapidement réévaluée.
Enfin, alors que certains élus promeuvent la lutte à travers le Parlement européen ou en envisageant une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, force est de constater que la situation actuelle présente une défaite diplomatique et économique significative pour le gouvernement français. L'horizon s'assombrit pour l'agriculture française, et des mesures proactives seront nécessaires pour éviter de reproduire les mêmes erreurs dans les prochains accords avec d'autres pays comme l'Australie ou la Thaïlande.







