L'île de Beauté est plongée dans l’angoisse après l'assassinat d'Alain Orsoni, figure controversée du nationalisme corse. Ce meurtre a eu lieu au cimetière de Véro lors des obsèques de sa mère, un acte perçu comme un affront à la culture corse.
Gilles Simeoni, président autonomiste du conseil exécutif, a exprimé ses condoléances et a condamné cet acte, le qualifiant de "pression mafieuse sur la société corse". Parallèlement, le Parti de la nation corse a dénoncé un crime "innommable" qui heurte les valeurs de civilisation.
Les voix s'élèvent également dans le milieu historique du Front de libération nationale corse (FLNC). Thierry Dominici, politologue à l'université de Bordeaux, rappelle que pour de nombreux anciens du FLNC, Orsoni avait perdu son auréole de combattant pour devenir, selon eux, un acteur du banditisme. "Il n’a plus d’impact sur l’idéologie des militants actuels", a-t-il souligné.
Orsoni, âgé de 71 ans, a été abattu d'une seule balle en pleine poitrine, probablement tirée depuis un endroit dissimulé. Les enquêteurs ont commencé à rassembler des indices sur le lieu du tir, avec des scellés posés pour préserver les traces. Le parquet national anti-criminalité a rapidement pris le relais de l'enquête, une initiative qui confirme la gravité de la situation.
"C'est ignoble et totalement inadmissible", s'est indigné Jo Peraldi, ancien chef du FLNC et proche d'Orsoni. Le meurtre a choqué l'ensemble de la communauté, les obsèques étant considérées comme un moment de recueillement sacré.
Marie-France Orsoni, la maire de Véro, a réclamé un respect total pour ce deuil collectif. Elle a ajouté que la violence ayant sévi dans la vie de la famille Orsoni depuis des décennies reflète une spirale tragique qui paralyse la société corse.
Rappelons que ce drame s'inscrit dans un contexte d’histoires familiales marquées par des tragédies ; en 1983, Guy, le frère d'Alain, avait été tué, et son fils actuel, également nommé Guy, est en prison, considéré comme une figure du banditisme local.
Le meurtre d'Orsoni est l'un des plus marquants sur l'île depuis celui du bâtonnier Antoine Sollacaro en 2012. Avec le Petit Bar, une bande criminelle en particulière, lui-même et sa famille ont toujours été au centre de rivalités violentes, intensifiant la complexité de la situation.
Ainsi, alors que l'enquête se poursuit, la communauté se demande comment sortir de ce cycle de violence et retrouver des valeurs de paix et de respect qui semblent s'échapper.







