Lors de ses vœux aux personnels, le 20 janvier, la direction de l'hôpital de Bastia a soutenu que le calendrier pour la reconstruction à Labrettu est respecté. Cependant, le collectif Corse Santé maintient des réserves face aux incertitudes foncières et financières qui entourent le projet.
Le directeur du centre hospitalier, Christophe Arnould, a partagé des chiffres indicatifs de la hausse d'activité : “En 2022, nous avons enregistré 33 600 séjours. En 2025, ce chiffre devrait atteindre 38 100, une augmentation de 13% avec plus de 125 000 consultations”. Face à un manque de 50% de la surface nécessaire, il met en exergue la pression grandissante sur les équipes.
Le directeur a évoqué des avancées notables dans divers secteurs tels que la radiologie et la cardiologie, ainsi que la certification HAS obtenue. Pour lui, ces éléments témoignent d’un établissement “résolument tourné vers l’avenir”.
“2026 marque vraiment l'entrée dans le vif du sujet”
La question foncière reste centrale. L’enquête publique pour la déclaration d’utilité publique (DUP), terminée le 5 décembre 2025, devrait aboutir prochainement à un arrêté. Le maire Pierre Savelli précise que les conclusions ont été envoyées au préfet, indiquant un avancement malgré la complexité des négociations autour des “22 parcelles en indivision”.
Christophe Arnould a affirmé que le “choix du programmiste” se fera début février, et que l’étude d’opportunité pour Labrettu est désormais “validée”. La reconstruction se fera à travers un unique permis de construire, comme annoncé par l'ancien ministre de la Santé, Yannick Neuder : “C'est un engagement de l'État qui tient”.
Frédéric Sabiani, président de la Commission médicale d'établissement, a souligné l'importance d'investir dans un projet médico-soignant qui analysera les besoins futurs : “Construire l’hôpital de demain, ce n’est pas donné à tout le monde”.
Financements et trajectoire budgétaire en question
Arnould a confirmé que les 66 millions attribués après le Ségur 2020 sont “sanctuarisés”, mais insuffisants pour un projet évalué à environ 350 millions d'euros. Savelli évoque un financement majoritaire de l'État, rappelant que ces fonds permettront déjà de démarrer les premiers travaux.
Stéphane Gherardi, du STC, a indiqué que bien que le rythme semble convenable, un long chemin reste à parcourir, avec des travaux attendus dans une décennie.
Les usagers du collectif Corse Santé sceptiques
Danielle Franceschi, porte-parole du collectif Corse Santé, exprime de vives inquiétudes concernant la viabilité du projet actuel. Elle se souvient que le collectif avait voté contre le terrain actuel en raison de son statut en indivision, une situation risquant d'entraîner de longs retards. Elle a mentionné le déficit de 200 millions d’euros de l'hôpital en 2024, soulignant l'insuffisance des financements disponibles.
Franceschi dénonce aussi une marginalisation des usagers dans le processus décisionnel : “Nous n’avons plus de représentants majeurs à l’hôpital de Bastia”. Malgré le programme affiché, le collectif estime que peu de progrès ont été réalisés, appelant à un hôpital intégral qui puisse être mis en place dans un laps de temps plus raisonnable.







