La Corse est confrontée à une libération massive de pollens provenant d’aulnes, de cyprès et de noisetiers, avec un pic d’émission attendu à la mi-mars. Les observatoires et pharmaciens signalent une exposition précoce, accentuée par la qualité de l'air. Pour Jean‑Luc Savelli, directeur de Qualitair Corse, la situation est préoccupante : « Nous connaissons un risque élevé sur l’ensemble de l’île, avec des pollens divers et abondants ».
Cette période, bien que considérée comme « courante », pourrait atteindre des niveaux de dangerosité « très élevés, voire extrêmes » si la situation perdure. Selon Savelli, « La Corse, avec ses nombreuses espèces allergisantes, voit son pollen circuler pratiquement dix mois par an ». D'où l'importance d'initiatives comme l'outil participatif Pollin'air, qui invite la population à contribuer à l'observation du phénomène pour améliorer les prévisions.
À Levie, Martine de Peretti, pharmacienne, témoigne d'une situation alarmante, notant que « la pollinisation arrive de plus en plus tôt et génère des réactions allergiques ». Le Dr Jean Rousseau, à Bastia, souligne l'état d'alerte : « Les pollens s'accumulent, libérant leur charge dès que le temps devient sec et venteux. Les patients affluent alors en pharmacie ». La réalité est qu'un Français sur trois souffre d'allergies liées aux pollens, et la Corse ne fait pas exception.
Entre espèces locales et pollution, des perceptions contrastées
Pour plusieurs habitants, la situation est déjà pressante. Ancuta, victime d'allergies depuis vingt-cinq ans, a vite réagi : « Je reprends immédiatement mes antihistaminiques, car je me sens épuisée ». Même s'il n'habite pas à Bastia, elle considère que « la situation est aggravée par la pollution urbaine ». Pour les plus jeunes, les symptômes sont aussi visibles. Venessia, 13 ans, rapporte une toux fréquente et des démangeaisons oculaires « malgré mes traitements ».
Les sources de pollens comme l’aulne, le cyprès, et bientôt le noisetier, sont sur la liste des plus problématiques. Martine Blaize-De Peretti mentionne aussi le « bouleau » comme un autre contributeur important. Au cœur de Bastia, les avis divergent : Pierre-Paul, un riverain, craint davantage la pollution des bateaux que les pollens, tandis que Don Ghjuvanni estime que « les pollens sont plus problématiques à la campagne ».
Se protéger au quotidien : gestes simples et prévention
Face à cette alerte, les conseils sont unanimes. Jean-Luc Savelli recommande d’« aérer son espace tôt le matin ou tard le soir », alors que Martine de Peretti insiste sur une préparation préventive : « Il est conseillé de nettoyer les fosses nasales quotidiennement et d’apaiser les yeux avec de l’eau florale ». À partir d'octobre, les personnes sensibles devraient renforcer leur système immunitaire avec des plantes comme le desmodium.
En pharmacie, certaines solutions sont bien connues. « Les antihistaminiques modernes sont moins sédatifs », précise Dr Rousseau, qui conseille d'éviter de sécher le linge à l'extérieur et de bien se laver les cheveux à l’entrée. Ces gestes, bien que simples, peuvent grandement contribuer à réduire l'impact des pollens sur la santé des Corses.







