À Ajaccio, des efforts notables sont en cours pour préserver l'Hélix de Corse, une espèce rare d'escargot qui fait face à une sérieuse menace d’extinction. Initiés sur le site du Ricanto, ces travaux visent notamment à remettre en état 2,5 kilomètres de clôtures en ganivelles, essentielles pour la protection de l'habitat de cet escargot unique au monde.
Il est difficile d’apercevoir cet escargot au regard brun olivâtre, car celui-ci se cache pendant la journée dans les sédiments sablonneux, ne sortant qu’à la nuit tombée ou par temps de pluie. Aujourd'hui, il ne reste qu'environ 5 000 individus dans le monde, tous localisés exclusivement sur ce site de Corse.
Pour garantir la survie de l'Hélix de Corse, le conservatoire du littoral, en collaboration avec la municipalité d'Ajaccio, a décidé d'agir rapidement. En effet, les tempêtes de 2023 ont causé des dégâts importants aux clôtures protégeant leur riche écosystème. Ce projet s'élève à 224 000 euros, dont 150 000 euros sont financés par l'Agence de financement des infrastructures de transport de France.
Cependant, une nouvelle restriction sera mise en place : une zone qui était précédemment accessible aux promeneurs sera désormais fermée. Des comptages récents ont mis en évidence la présence d’escargots, mais également des traces de piétinement et des déjections canines, ce qui a conduit à cette décision. Sophie Raspail, chargée de mission au conservatoire du littoral, a précisé : “Le plan national d'action nous conseille de fermer la zone pour limiter la pression animale, tout en maintenant deux zones ouvertes pour les promeneurs.”
Des panneaux explicatifs seront installés pour informer les visiteurs des raisons de cette interdiction. L'objectif ultime est de favoriser un biotope homogène pour la population de l'Hélix de Corse. “Des analyses menées par l'université de Picardie révèlent que bien que les échanges entre les différentes populations d’Hélix restent limités, leur situation s'est améliorée depuis le début des travaux de renaturation de la zone,” ajoute Raspail.
Les travaux de restauration sont prévus pour durer jusqu'à fin février, au service de la biodiversité locale et de la préservation de cette espèce emblématique de la Corse.







