Depuis la pandémie, les bureaux ont évolué, avec de plus en plus d'entreprises adoptant des open spaces. Ces espaces, bien qu'attrayants au premier abord, posent de réelles questions sur la santé mentale et la concentration des salariés. Une étude récente publiée par une université espagnole met en lumière l'impact négatif des open spaces sur notre capacité à nous concentrer.
Les résultats indiquent que dans les open spaces, notre cerveau doit fournir un effort considérable pour se maintenir en alerte et ignorer les distractions. En effet, même lorsque nous croyons être en mesure de les écarter, notre cerveau dépense une quantité d'énergie précieuse pour gérer ces nuisances. Selon l'étude, cette notion de charge cognitive accrue est confirmée par les neurosciences.
Les chercheurs ont réalisé des tests sur 26 participants, âgés de vingt à soixante ans, équipés de casques EEG pour suivre leur activité cérébrale. Ils ont été soumis à des tâches de bureau dans deux environnements différents : un open space bien animé et une cabine de travail isolée. Les résultats révélateurs montrent que l'activité cérébrale dans un open space est très différente de celle dans un espace fermé. En effet, alors que les ondes cérébrales liées à l'attention diminuaient dans la cabine, elles augmentaient dans l'open space. Cela prouve que le cerveau travaille plus dur en open space pour maintenir le même niveau de performance.
« Une conception d'espace de travail ne devrait pas négliger l'importance de la concentration sans interruptions », souligne Susan Hillier, neuroscientifique. Ce constat est soutenu par d’autres études, qui montrent que le bruit ambiant dans les open spaces augmente le stress et diminue la satisfaction des employés. Par exemple, une analyse de 2021 a révélé que l'humeur des employés était moins positive dans ces environnements, confirmant un lien directe entre le bruit et le stress physiologique.
Pour remédier à ces problématiques, il est crucial que les entreprises repensent l'aménagement de leurs bureaux. Offrir des zones de travail adaptées, incorporer des traitements acoustiques et utiliser des technologies de masquage sonore pourraient grandement améliorer la productivité et le bien-être des employés. LinkedIn, par exemple, a transformé son siège de San Francisco en réduisant de moitié son espace open space pour créer des zones dédiées au travail silencieux.
Investir dans un espace de travail bien conçu peut sembler coûteux, mais cela représente un choix judicieux face aux coûts cachés d’un environnement de travail inadapté. En améliorant le cadre de travail, les entreprises peuvent non seulement augmenter la productivité, mais aussi le bien-être de leurs employés. En somme, la manière dont nous concevons nos espaces de travail mérite une attention toute particulière si nous souhaitons garantir une performance optimale et une satisfaction au travail.







