17 ans après la sortie du film emblématique Un prophète, la série éponyme revient sur la thématique de l'univers carcéral, tout en introduisant des personnages inédits. Le récit suit un jeune Mahorais, naïf et passeur de drogue, confronté à un homme d'affaires véreux de Marseille.
Le film de Jacques Audiard, récompensé par neuf Césars, dont celui du meilleur film, a profondément marqué le paysage cinématographique français. Les attentes étaient donc élevées pour cette nouvelle adaptation, qui ambitionne de capter la même intensité émotionnelle et réalisme que l'œuvre originale.
Cette fois-ci, au lieu du ripou corse, le protagoniste fait face à un trafiquant maghrébin. Tous deux se retrouvent derrière les barreaux des Baumettes, et le jeune Mahorais se retrouve rapidement à jouer un jeu d'ascension sociale dans un milieu aussi impitoyable que fascinant.
Différent du film et proche à la fois
Sami Bouajila interprète le parrain de la prison, armé de lunettes de soleil bleuies, une référence à son prédécesseur tout en apportant sa propre touche à son personnage. Son interprétation diffère de l'intense Niels Arestrup, offrant un portrait d’un homme cynique mais sensible.
"Dans le personnage de Niels, il y avait un ours blessé, lucide sur sa situation. Mon personnage, en revanche, est un requin fragile, un monstre aux sabots d'argile. C'était crucial pour moi de le jouer de cette façon,"
Dans l'esprit de Jacques Audiard
Mamadou Sidibe, le jeune novice en milieu carcéral, apporte une nouvelle dynamique au récit. Selon Bouajila, son interprétation est bien réelle : "Mamadou, c'est un silence pur, un prince. Moins torturé que le personnage de Tahar, mais il va également se métamorphoser en Machiavel."
Bien que la série s'inspire parfois des récits marseillais sur le narcotrafic, elle se distingue par sa manière de traiter des thèmes familiaux avec une élégance propre à Audiard. Un prophète s'annonce comme une expérience captivante sur Canal+.







