Après un hiver exceptionnellement humide, les réserves d'eau en Haute-Corse sont reconstituées, offrant un certain répit à la région avant l'été. Réuni à Bastia, le comité des ressources en eau a également souligné la nécessité de rester vigilant sur la consommation d'eau, malgré cette situation encourageante.
Le 13 mars à Bastia, le préfet de Haute-Corse, Michel Prosic, a partagé un bilan réconfortant pour 2026. Les importantes précipitations hivernales ont largement contribué à régénérer les réserves aquatiques, après des périodes de tension. « Grâce aux pluies des dernières semaines, la situation hydrique du département est prometteuse », a déclaré le préfet.
Alors que les mois d'automne avaient suscité des inquiétudes à cause de leur faible pluviométrie, l'hiver a inversé la tendance. Selon Météo-France, cet hiver restera dans les annales : « Avec des précipitations deux fois et demie supérieures aux niveaux normaux, nous n'avons pas connu une telle situation depuis 1959 ».
Les nappes phréatiques se sont renforcées, avec des afflux significatifs de pluie. « Certaines nappes, comme celle du Fium’Orbu, n’avaient pas été rechargées depuis 2023 », a ajouté le préfet.
Des réserves confortables à l’approche de la saison estivale
Les infrastructures hydrauliques affichent également des niveaux prometteurs. De nombreux barrages sont presque remplis, et d'autres devraient atteindre leur pleine capacité prochainement. « Nos stockages sont presque reconstitués et ceux qui restent le seront d'ici la fin avril », a précisé Ange de Cicco, directeur de l’Office d’équipement hydraulique de Corse (OEHC). Les barrages de Teppe Rosse et de Bacciana devraient être totalement rechargés à cette échéance.
Pour le préfet Prosic, un indicateur révélateur reste le barrage d'Alisgiani, qui atteint son niveau nominal : « C'est devenu rare ces dernières années ». Cette situation devrait permettre à la région d'aborder l'été avec un certain confort, bien plus qu'au cours des saisons passées.
La neige en montagne, un soutien supplémentaire
Outre les précipitations, l'épais manteau de neige en montagne pourrait également soutenir les réserves d'eau au printemps. « Cette neige commencera à fondre, ce qui viendra renforcer les débits des cours d'eau », a indiqué Michel Prosic. Toutefois, selon Ange de Cicco, la confiance doit rester mesurée en termes de gestion de l'eau.
Malgré des perspectives optimistes, les autorités insistent sur l'importance d'une gestion prudente de cette précieuse ressource. « Économiser l'eau est une responsabilité citoyenne », a souligné le préfet. « Nous devons faire preuve de sobriété, peu importe le niveau de pluviométrie », a-t-il ajoutée, rappelant que les conditions sont toujours sous surveillance.
Ultimement, un printemps particulièrement pluvieux pourrait aussi intensifier le risque d'incendies en été, en raison d'une végétation plus dense. « Une végétation plus fournie peut augmenter le risque d'incendie », a averti le préfet, soulignant la nécessité d'une vigilance continue pour garantir la durabilité des ressources en eau.







