Ce lundi 23 février, une initiative remarquable a eu lieu à Santa-Severa, où 70 000 jeunes oursins violets ont été relâchés en mer par le laboratoire Stella Mare. Ce projet vise à inverser la tendance alarmante de déclin de l'espèce dans le Parc naturel marin du Cap Corse, touché par plusieurs facteurs environnementaux.
Les oursins, âgés de dix mois et mesurant entre un et deux centimètres, ont été soigneusement élevés au sein du laboratoire. Alban Delmas, zootechnicien au sein de l’équipe, déclare : “Nous avons récupéré l'année dernière des oursins adultes que nous avons fait se reproduire sur site. Ce sont maintenant les enfants de ces adultes.”
La démarche a débuté par la récolte des semences des oursins adultes, suivie d'une phase d’élevage des larves dans les installations de Stella Mare. Ces jeunes oursins ont été suivis de près jusqu'à avoir atteint une taille adéquate pour une possible survie en milieu naturel.
Quant au relâchement, il a nécessité des préparatifs minutieux. Sally Pugliese, assistante ingénieur, explique : “Nous avons utilisé un produit pour anesthésier les oursins afin de minimiser le stress durant la manipulation.” Les oursins étaient ensuite pesés puis placés dans des caisses pour le transport vers la marine de Santa-Severa, où ils devaient retrouver leur habitat marin.
Le déclin des oursins dans cette région méditerranéenne depuis 2017 est alarmant. Les experts attribuent ce phénomène à des épisodes de canicule marine, une température de l'eau en hausse et la pression de la pêche, bien que celle-ci soit réglementée. La pêche actuelle ne suffit plus à garantir une régénération naturelle des stocks.
Un suivi de deux ans
Les équipes du laboratoire suivront l'évolution de ces 70 000 oursins pendant les deux prochaines années, pour évaluer leur croissance et leur dispersion. Cependant, il faudra attendre au moins trois ans avant de pouvoir envisager leur capture.
Si les résultats de cette opération s’avèrent positifs, le modèle de régénération appliqué sur la côte est du Cap Corse pourrait être étendu à d'autres zones de la Méditerranée, offrant un nouvel espoir pour la biodiversité marine. Les chercheurs espèrent ainsi établir des bases solides pour la restauration des populations d'oursins dans cette région fragilisée.







