Les pêcheurs méditerranéens annoncent une grève illimitée en raison de l'augmentation vertigineuse des prix du carburant, devenue insoutenable pour de nombreux professionnels du secteur. La mobilisation, qui concerne les régions d'Occitanie, Provence-Alpes-Côte d'Azur et la Corse, est déclenchée par la montée des coûts qui affecte la rentabilité des navires, entraînant de nombreuses inquiétudes parmi les marins.
Réunis à Sète (Hérault) le 1er avril, les pêcheurs ont prévu de commencer cette grève à compter du 7 avril. Malgré des aides gouvernementales, incluant une compensation de 20 centimes par litre, la hausse des prix reste difficile à gérer. Cette situation alarmante a conduit plusieurs acteurs du secteur à envisager un arrêt complet de leur activité.
Un constat alarmant
En Corse, la situation est particulièrement critique. Daniel Defusco, président du comité régional des pêches, déclare : « Il y en a beaucoup qui vont se dire : non, ce n’est plus rentable ». Les prix du carburant atteignent des sommets allant de 1,30 à 1,45 euros le litre, soit une hausse de 20 à 30 % par rapport aux prix du continent. Selon Defusco, « C’est insupportable de travailler avec des prix comme ça ».
Les chalutiers sont particulièrement impactés, avec près de 40 à 50 % de leur chiffre d'affaires absorbé par les coûts de carburant, poussant de nombreux marins à s'interroger sur la continuité de leur activité.
Une mobilisation encore à définir en Corse
Si le mouvement est clairement engagé à l'échelle méditerranéenne, les modalités d'action en Corse restent à préciser. Une réunion est prévue prochainement entre pêcheurs corses pour définir les mesures à prendre, y compris un éventuel blocage des ports. Defusco spécifie : « En deux heures, on bloque tous les ports de Corse (…) la Corse est paralysée », ce qui pourrait avoir des répercussions significatives, notamment à l'approche des vacances de Pâques. L'objectif de cette mobilisation est de « mettre la pression sur l’État et sur l’Europe », tout en minimisant l'impact sur l'économie locale. « Il faut que les pêcheurs prennent leur destin en main », conclut Defusco, soulignant l'importance d'une action concertée parmi les marins.







