Clôturer son terrain est un droit, mais il s'accompagne de responsabilités. Les règles de droit souvent varient selon les communes, les caractéristiques de la clôture et l'emplacement. Voici un aperçu des obligations à respecter pour éviter les malentendus.
Les fondements légaux des clôtures
Selon l'article 647 du Code civil, chaque propriétaire a la liberté de clôturer son terrain pour en délimiter les limites et valoriser son espace. Cependant, cette liberté doit être exercée en conformité avec la réglementation, qui peut varier d'une localité à l'autre.
Plan local d’urbanisme : les règles à suivre
Le Plan local d'urbanisme (PLU) fixe des règlements spécifiques sur votre commune qui peuvent influencer votre projet.
- Il peut exiger l'installation d'une clôture végétalisée pour des raisons environnementales, comme la prévention des inondations.
- Le PLU précise les normes concernant la hauteur, le matériau et l'esthétique de la clôture.
- Bien que l'implantation d'une clôture soit souvent libre, une déclaration préalable de travaux est requise dans des scénarios spécifiques, tels que des constructions de murs de plus de deux mètres ou des zones protégées.
Respect des règles de voisinage
Pour garantir la conformité de votre clôture avec les règles de bon voisinage, la délimitation de votre terrain est essentielle. Cela permet de clarifier les limites et de prévenir les conflits.
- Une clôture en retrait de la limite est considérée comme privative, ce qui ne nécessite pas d'accord préalable avec le voisin.
- Une clôture placée à la limite des propriétés est mitoyenne, nécessitant un accord et le partage des coûts entre voisins.
- Évitez que votre clôture ne dégrade les conditions de vie de votre voisin, notamment en limitant la lumière naturelle.
Remarque : Si votre propriété jouxte le domaine public maritime, vous devrez maintenir une bande de trois mètres le long du littoral pour permettre le passage des piétons.
Obligations selon le type de clôture
Les exigences juridiques varient selon le type de clôture que vous envisagez. Différentes règles s’appliquent pour un mur, une haie ou une clôture classique.
Pour un mur : attention à la hauteur
Avant de commencer la construction d'un mur, vérifiez le PLU pour connaître les restrictions de hauteur.
- Dans les communes de moins de 50 000 habitants, la hauteur doit être d'au moins 2,6 mètres.
- Pour celles de plus de 50 000 habitants, cette mesure augmente à 3,2 mètres.
- Une déclaration préalable de travaux est obligatoire en fonction de certaines conditions, notamment dans des zones protégées.
Pour une haie végétale
Avant de planter des végétaux, vérifiez les règlements locaux pour respecter les distances de plantation minimales.
- Pour des haies de moins de 2 mètres, une distance de 50 cm du terrain voisin est requise.
- Pour celles de plus de 2 mètres, cette distance doit être de 2 mètres.
Pour une clôture classique
Les normes de hauteur pour une clôture classique suivent des principes similaires à ceux des murs.
- Dans les petites communes, la clôture devra faire au moins 2,6 mètres de haut.
- Pour les plus grandes, comptez au moins 3,2 mètres.
Les règles à respecter de manière concrète
Voici les éléments clés à garder à l'esprit pour garantir le bon déroulement de votre projet de clôture :
Déclaration des travaux
- Depuis 1986, un permis de construire n'est plus requis pour une clôture, à condition que sa hauteur ne dépasse pas deux mètres.
- Certaines zones requièrent cependant une déclaration préalable, validée par un architecte des Bâtiments de France dans un délai d’un mois.
Respect des distances
La distance d'implantation doit être respectée, notamment pour éviter les conflits avec les voisins concernant les clôtures mitoyennes.
Hauteur réglementaire
Le respect de la hauteur légale est impératif, surtout si vous avez opté pour une clôture mitoyenne. Assurez-vous d'avoir l'accord préalable de votre voisin si celle-ci se trouve à la limite de propriété.
Attention aux servitudes
Les servitudes sont réglementées par la législation en vigueur. Ne négligez pas les implications qu'elles peuvent avoir sur votre projet de clôture.
- Parfois, les clôtures doivent être adaptées pour garantir la sécurité publique ou permettre un accès libre chez des propriétés enclavées.
Partage des coûts
Pour une clôture mitoyenne, les coûts peuvent être partagés entre voisins, mais cela nécessite un accord préalable.
- Chaque partie est responsable de l'entretien du côté de son mur ou clôture.
- Dans le cas d'une végétation, notez que si l'un des propriétaires renonce à sa part de mitoyenneté, la clôture devient propriété exclusive de l'autre.







