Pour la presse américaine, il est le "Steve Jobs de la nourriture". Portrait d'un héraut en guerre contre la junk food.
Sa mission ? Transformer le paysage culinaire, notamment aux États-Unis ! Cet éminent journaliste gastronomique lutte depuis deux décennies contre la junk food et l'agro-industrie. Sous ses airs ascétiques, ce Californien de 58 ans, connu pour son physique de marathonien et ses petites lunettes en métal, incarne une philosophie de vie où l'harmonie entre l'homme et la nature prévaut. Alors que la junk food rend de plus en plus de gens malades, il s'efforce d'éduquer ses concitoyens sur la meilleure façon de se nourrir et de comprendre notre système alimentaire, comme le souligne Tim Carman du Washington Post.
Écrivain, professeur et militant
Pollan, rédacteur pour le New York Times et ancien chef de la rédaction à Harper's Magazine, s'attaque aux pratiques des fermes industrielles et à l'agro-business. C'est un défi dans un pays où le hamburger est une icône culinaire et où des débats sur l'alimentation font rage, comme le vote au Congrès en 2011 qui a reclassé la sauce tomate comme légume. Avec un tiers de la population américaine obèse, il devient essentiel de questionner la salubrité de notre alimentation, un combat également porté par Michelle Obama avec sa campagne "Let's move!".
La cuisine comme acte civique
Reconsidérer la cuisine comme un acte civique est la vision de Pollan, surnommé par certains le "Steve Jobs de la nourriture". Il affirme que cuisiner établit un lien essentiel entre agriculture et alimentation. "Cuisiner est un acte politique, car cela nous permet d'améliorer notre santé et de réduire notre dépendance aux géants agroalimentaires, tout en renforçant nos communautés", dit-il. Son mantra "Mangez de la vraie nourriture" s'accompagne de la recommandation de cuisiner soi-même, un message d'une portée rassurante dans un pays où le fast-food dominé le marché. Alice Waters, chef emblématique, souligne que les Américains ne consacrent en moyenne que vingt-sept minutes par jour à la préparation des repas.
A travers ses ouvrages, tels que Le Dilemme de l'omnivore, Pollan appelle à un changement de paradigme. Ses livres sont des manifestes qui dénonce les échecs des conseils nutritionnels qui ont conduit à une population plus malade. De retour d'une tournée de promotion, il aspire simplement à partager un repas familial, au cœur des leçons de vie. "C'est à la table que nous enseignons nos enfants le partage et l'écoute", déclare-t-il. Ce rassemblement autour du repas est, selon lui, le fondement de la démocratie, soulignant les liens éthiques entre notre corps, l'agriculture et la nourriture.







