L'alliaire officinale (Alliaria petiolata), une plante de la famille des Brassicacées, est la seule espèce de son genre à se retrouver en Europe. Elle se développe principalement dans des zones ombragées, à l'écart des régions méditerranéennes trop sèches. Renommée pour son arôme d'ail émanant de ses feuilles froissées, elle s'avère être un condiment de choix en cuisine et possède également des propriétés médicinales marquées.
L'alliaire officinale : une plante aux multiples facettes
Connue sous plusieurs noms tels qu'alliaire pétiolée, herbe aux aulx ou herbe à ail, cette plante bisannuelle ou vivace forme souvent d'importantes colonies dans des milieux frais comme les lisières de forêts ou au pied des haies. En Amérique du Nord, elle a même pris des allures envahissantes.
Sa tige, bien droite et ramifiée, peut atteindre jusqu'à 1 mètre de hauteur, portant en juin et juillet de petites fleurs blanches à quatre pétales regroupées en grappes. Ces fleurs laissent ensuite place à des siliques contenant de petites graines grises qu'il est conseillé de ne pas consommer en raison de leur potentiel cardiotoxique.
Les feuilles, larges et dentelées, généralement glabres, émettent une odeur prononcée d'ail lorsqu'elles sont écrasées. Leur aspect rappelle celui de l'ortie (Urtica dioica), mais la fragrance distincte en fait facilement un élément identifiable.
L'alliaire renferme des glucosinolates, des composés soufrés libérant une essence proche de celle des espèces d'ail, malgré des appartenances botaniques différentes.
Les bienfaits médicinaux de l'alliaire
En phytothérapie, l'alliaire officinale est prisée pour ses qualités dépuratives et diurétiques, contribuant à la détoxification du foie et renforçant le fonctionnement de l'appareil urinaire. Elle pourrait également jouer un rôle positif dans la régulation de la flore intestinale.
Grâce à ses propriétés antiseptiques et expectorantes, elle est souvent recommandée pour soulager les infections bronchiques, la toux et l'asthme. De plus, ses vertus vulnéraires et antiputrides en font un choix intéressant pour le traitement des plaies infectées et purulentes, favorisant ainsi une bonne régénération tissulaire.
L’alliaire se consomme uniquement fraîche, car le séchage nuit à ses propriétés. Récoltée entre avril et septembre, elle peut être utilisée de différentes manières :
- Infusion : 15 g d'alliaire fraîche pour 50 cl d'eau, à laisser infuser 10 minutes, recommandée pour les affections ORL.
- Cataplasme : feuilles froissées appliquées sur de petites plaies pour extraire le suc curatif.
- Compresse : décoction d'alliaire pour apaiser irritations et douleurs.
L'alliaire en cuisine
Cette plante sauvage est comestible et peut être utilisée comme condiment, semblable à la moutarde. Elle se consomme principalement crue, car la cuisson altère sa saveur aillée, laissant place à une amertume désagréable.
Les jeunes feuilles peuvent enrichir un pesto ou être finement hachées pour accompagner salades, fromages frais, voire tartines de beurre. Les racines des jeunes plants peuvent aussi être consommées, à l'instar du raifort, en veillant à la forte note piquante.
Comment cultiver l'alliaire officinale au jardin ?
Il est facile de semer des graines d'alliaire dans un potager ou un coin ombragé de votre jardin, en mars ou avril, en respectant 30 à 40 cm entre chaque plant. Résistante jusqu'à -15°C, cette plante hivernante reprendra des forces chaque printemps pour vous offrir ses feuilles savoureuses.
Avant d'utiliser des plantes pour des traitements médicinaux, il est impératif de consulter un professionnel de santé, surtout pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes sous traitements médicaux.







