Lorsqu'un compte est à découvert, la banque prélève des agios, ou intérêts débiteurs, afin de couvrir les frais associés. Mais comment ces agios sont-ils calculés ? Et peut-on vraiment les négocier ? Voici un éclairage sur ce sujet crucial.
Définition des agios
Les agios représentent les frais que facturent les banques pour divers services liés à votre compte. Ils incluent généralement des intérêts et des commissions. Vous les rencontrerez principalement si votre solde devient négatif, que ce soit par un découvert autorisé ou non. Ces frais compensent le manque de liquidités sur votre compte.
Agios et découvert bancaire
Lorsque vous êtes à découvert, cela signifie que votre solde est inférieur à 0. La banque peut alors autoriser temporairement des opérations bancaires, mais cela nécessite une demande explicite de votre part si aucun découvert n'a été convenu. Cette demande peut prendre la forme d’une lettre à votre agence ou être intégrée dans la convention de compte à l’ouverture.
Personne n'est à l'abri d'une situation difficile, et les frais associés à ces découverts peuvent rapidement s'accumuler sous forme d'agios.
Mode de calcul des agios
Les agios peuvent être classés en plusieurs catégories selon leur mode de calcul :
- Agios forfaitaires : Un montant minimum est généralement facturé, quel que soit le découvert.
- Agios proportionnels : Ces frais sont calculés en fonction du montant du découvert, de sa durée et du taux d'intérêt applicable, qui doit respecter le taux d’usure fixé par la Banque de France.
- Agios à taux majoré : Ils s'appliquent lorsque le découvert autorisé est dépassé et peuvent être accompagnés de commissions d’intervention.
Par exemple, si vous êtes à découvert de 1000 euros pendant 15 jours au taux de 18 %, cela représente environ 7,39 euros d'agios, calculés selon la formule ((1000 * 15 * 15) / (365 * 100)).
Réduction et négociation des agios
Votre banque doit vous informer des frais liés aux incidents de paiement et adresser un récapitulatif annuel de ces frais. En cas de découvert exceptionnel, n'hésitez pas à solliciter un geste commercial, cela est plus probable si vous maintenez une bonne gestion de vos comptes.
Les banques, fixant leurs propres tarifs, peuvent être ouvertes à la négociation. En cas de refus, envisagez la mobilité bancaire pour changer d'établissement, surtout si d’autres offrent des frais plus compétitifs.
Impact et prévention du découvert bancaire
Au-delà des agios, un découvert peut engendrer des commissions d’intervention de 8 euros par opération non couverte. Si la situation perdure sans régularisation, une inscription au FICP peut être envisagée, affectant vos futures demandes de crédit.
Pour éviter les découverts, plusieurs stratégies peuvent être mises en place :
- Réduire les dépenses : Analysez vos sorties pour identifier des économies potentielles.
- Avoir une épargne de précaution : Envisagez d’épargner l'équivalent de deux à trois mois de salaire.
- Demander des délais de paiement : Certaines banques offrent la possibilité de temporiser certaines mensualités.
- Regrouper des crédits : Cela peut alléger la pression budgétaire en unifiant vos mensualités.
- Utiliser une carte à autorisation systématique : Elle limite le risque de découvert en contrôlant votre solde avant chaque transaction.
En dernier recours, si la situation devient critique, envisagez de soumettre un dossier à la Banque de France pour obtenir de l'aide en matière de surendettement.







