Le Financial Times a récemment désigné la France, l'Italie et le Royaume-Uni sous le terme de "Bif" (pour Britain, Italy, France) pour souligner leur mauvaise gestion budgétaire actuelle. Jadis perçus comme des cancres, les anciens "Piigs" - Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne - ont réussi à redresser leurs finances ces dernières années, affichant même une croissance significative après d'importantes réformes.
À l'opposé, les "Bif" souffrent d'une croissance faible et de déficits et dettes alarmants. D'après le Financial Times, le coût des emprunts a explosé pour ces pays, conséquence directe de l'incertitude économique provoquée par les conflits au Moyen-Orient. Craig Inches de Royal London Asset Management note une baisse de confiance des investisseurs, qui réclament des taux d'intérêt plus élevés pour prêter à Paris, Londres et Rome.
La situation délicate du Royaume-Uni
La crise économique actuelle ne fait qu'accentuer les fragilités de ces nations, souligne Alexandre Baradez, analyste chez IG. Au Royaume-Uni, l'inflation persiste et les divisions politiques freinent les réformes nécessaires. Le taux d'emprunt à dix ans a fortement augmenté, reflétant une situation plus précaire que celle de la France.
Jean-François Robin, directeur de la recherche chez Natixis, pointe également du doigt les risques liés à l'isolement du Royaume-Uni face à de grands acteurs économiques mondiaux, rappelant que cette situation pourrait rendre l'avenir financier du pays encore plus incertain.
L'Italie : un tableau plus complexe
Concernant l'Italie, bien qu'elle présente un ratio de dette par rapport au PIB supérieur à celui de la France, elle a fait des progrès dans la gestion de son déficit public. Cependant, des incertitudes persistent, notamment en raison de la guerre en cours qui pourrait affecter sa croissance.
Une comparaison délicate avec les Piigs
Il est essentiel de ne pas comparer la situation actuelle des "Bif" avec celle des "Piigs", avertit Baradez. Les défis financiers de ces derniers étaient bien plus critiques, avec des besoins d'assistance financière de la part du FMI. Aujourd'hui, bien que les taux d'intérêt aient augmenté dans toute l'Europe, les écarts de taux entre les différents pays se resserrent.
Cependant, une potentielle hausse des taux par la Banque Centrale Européenne pourrait mettre sous pression les "Bif" si l'inflation énergétique se propage dans l'économie. Les prévisions de croissance sont déjà revues à la baisse pour plusieurs pays, y compris la France et l'Italie. Les experts s'accordent à dire que la prudence est désormais de mise pour ces nations qui tentent de renforcer leur indépendance tout en gérant leurs finances de manière responsable.







