Les établissements de santé français se trouvent confrontés à une situation alarmante, selon un rapport de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publié récemment. Les hôpitaux publics accusent un déficit total de 2,9 milliards d’euros en 2024, marquant une baisse inquiétante de 0,5 milliard d'euros par rapport à l'année dernière.
Près de 70 % des hôpitaux sont désormais en situation déficitaire, ce qui constitue une nette augmentation par rapport aux années précédentes. En effet, cette détérioration financière se fait sentir au-delà du secteur public, touchant également les cliniques privées qui, elles, n'affichent qu'un bénéfice net de 194 millions d'euros, en forte baisse comparée aux 331 millions de 2023.
"Cette situation souligne un changement structurel des finances publiques", affirme Zaynab Riet, déléguée générale de la Fédération hospitalière de France (FHF), mettant en lumière la responsabilité des choix politiques qui ont conduit à des mesures de soutien réduites, notamment depuis la fin des aides exceptionnelles liées à la pandémie de Covid-19.
Un bilan contrasté pour les hôpitaux
Les projections pour 2025 ne montrent guère d'amélioration ; le déficit prévisionnel est déjà évalué à 2,5 milliards d'euros pour les hôpitaux, augmentant à 2,7 milliards si l'on inclut les EHPAD et d'autres structures médico-sociales. Néanmoins, un point positif émerge : la dette globale des hôpitaux a diminué, s'élevant à 29,9 milliards d'euros, représentant 27,9 % de leurs recettes. Cette réduction est attribuée à des efforts prévus par le plan Ségur de la santé, qui prévoit des investissements massifs pour renforcer les fonds hospitaliers.
Tout en notant cette amélioration, la Drees avertit que "l'effort d'investissement stagne, malgré les mesures de relance post-Covid". Par ailleurs, le tableau pour le secteur privé est loin d'être rose ; la crise touche également les cliniques, où 36 % d'entre elles sont en déficit, une augmentation par rapport aux 33 % de 2023, révélant ainsi que le rêve de profits glissés concerne de plus en plus de structures. En effet, 21 % des cliniques privées sont désormais surendettées, un accroissement significatif par rapport à l'année précédente.
Les disparités s’accentuent, avec la psychiatrie affichant une rentabilité bien plus élevée que d’autres spécialités moins lucratives. Ce phénomène soulève des questions sur la viabilité économique des services de santé en France, alors que leurs missions fondamentales d'accès aux soins sont mises à mal.







