Dans l'est de l'Allemagne, une gigantesque éolienne, conçue par l'entreprise Gicon, se dresse majestueusement et devrait dépasser la hauteur de la tour Eiffel. Ce projet ambitieux constitue un symbole des défis de la transition énergétique dans une région minière sensible aux discours anti-renouvelables de l'extrême droite.
Selon Jochen Grossmann, le fondateur de Gicon, cette éolienne, haute de 365 mètres, promise pour la fin de l'année, représentera un saut technologique majeur offrant un rendement double par rapport aux modèles classiques. La construction, financée par l'État à hauteur de 20 à 30 millions d'euros via l'agence SPRIND, suscite l'intérêt tant au niveau national qu'international.
Malgré l'enthousiasme des innovateurs, des critiques émergent dans la région de Lausace où le parti d'extrême droite AfD bénéficie d'un fort soutien. Lors d'une journée pluvieuse, l'éolienne a déjà atteint 100 mètres, un jalon significatif dans son parcours, avec des grues soulevant 350 tonnes d'acier.
« Plus nous montons haut, plus le vent est fort et constant », explique M. Grossmann, tandis que les travaux avancent. Son entreprise a mis au point une tour télescopique permettant d'explorer de nouvelles hauteurs. Avec sa capacité à fournir de l'électricité à 7 500 foyers chaque année, cette installation représente une réponse aux préoccupations énergétiques d'une Allemagne en transition.
Cependant, les coûts de construction sont en hausse, et le projet a connu un retard d'environ un an. M. Grossmann souligne l'importance de ce développement dans un contexte où l'Allemagne cherche des alternatives au charbon et au nucléaire, tout en étant confrontée à une nouvelle dépendance vis-à-vis des énergies fossiles.
La ministre de l'Économie, Katherina Reiche, a critiqué le coût des énergies renouvelables et suggéré de développer des centrales à gaz pour pallier leur intermittence. Cette méga-éolienne s'inscrit alors comme un défi face à la crise industrielle actuelle et à la flambée des prix de l'énergie liée aux tensions géopolitiques, notamment en Ukraine et en Iran.
Les anciennes mines de charbon environnantes, qui ont soutenu l'économie locale, ferment progressivement en respect des objectifs climatiques. Cette évolution alimente les discours de l'AfD, qui devient le porte-voix d'une frange de la population opposée à la transition énergétique.
Bien que le parti d'opposition soulève des préoccupations sur des enjeux tels que les microplastiques, les scientifiques relativisent leur impact sur la santé publique. La députée AfD, Birgit Bessin, insiste sur la nécessité de consulter les citoyens concernant les impacts environnementaux de l'éolienne, pointant les préoccupations des chasseurs et d'un aérodrome local.
Sur le chantier, des passants expriment parfois leur désaccord, tandis que le maire indépendant de Schipkau se veut rassurant, arguant des retombées économiques que génèrent les énergies renouvelables. Il souligne que 60 % des recettes fiscales proviennent de ce secteur et que la ville reverse un montant au prorata des habitants pour consolider l'acceptation du projet.
En réponse, Mme Bessin accuse le maire de vouloir « acheter » le soutien des citoyens et appelle à stopper les subventions aux renouvelables. Klaus Prietzel, un acteur local, souligne qu'il est crucial d'impliquer la communauté face aux doutes suscités par l'AfD, et la commune envisage de devenir propriétaire de l'éolienne, ce qui pourrait permettre de réduire les coûts électriques pour ses habitants.







