Le groupe hôtelier espagnol Iberostar a pris la décision significative d'abandonner la gestion d'une dizaine d'hôtels à Cuba, une action qui pourrait bouleverser le paysage touristique de l'île. Ce retrait, annoncé mardi, fait suite à des préoccupations croissantes concernant le groupe Gaesa, un conglomérat lié à l'armée cubaine, actuellement sous sanctions américaines.
Depuis son arrivée à Cuba au milieu des années 1990, Iberostar s'est imposé comme un acteur majeur dans le secteur touristique, contribuant significativement à l'économie locale. Selon des sources proches du dossier, la décision du groupe espagnol de se désengager des hôtels gérés en collaboration avec Gaviota, la branche touristique de Gaesa, marque un tournant pour l'industrie touristique de l'île.
"À compter du 1er juin, Iberostar mettra fin à la gestion de tous ses hôtels en partenariat avec Gaviota", a affirmé l'une des sources à l'AFP, confirmant ainsi l'information. Toutefois, le groupe continuera à gérer certains établissements appartenant au ministère cubain du Tourisme, dans un effort pour maintenir une présence sur l'île. Actuellement, seuls six hôtels sont ouverts à la réservation, contre près de vingt précédemment, témoignant de la contraction du secteur.
Parmi les hôtels concernés figure la Torre K, le plus haut édifice hôtelier de Cuba, qui a fermé ses portes un an après son inauguration en raison de la crise énergétique et de la chute du tourisme, un signe des temps difficiles pour l'industrie. En outre, la compagnue hôtelière canadienne Blue Diamond a également annoncé lundi qu'elle cessait toutes ses opérations à Cuba, amplifiant ainsi les préoccupations sur l'avenir du secteur touristique sur l'île.
Les sanctions imposées à Gaesa par les États-Unis, escaladées récemment, ont mis les entreprises collaborant avec ce conglomérat sous pression. Le 5 juin est la date limite pour ces entreprises afin de garantir qu'elles ne violent pas les sanctions américaines. La minière canadienne Sherritt a, de son côté, décidé de mettre fin à ses activités d'exploitation de nickel et cobalt à Cuba en partenariat avec Gaesa.
Marco Rubio, secrétaire d'État américain d'origine cubaine, a récemment critiqué le gouvernement cubain, l'accusant de corruption et de détournement de fonds par le biais de Gaesa. En réponse aux accusations et à la pression extérieure, le gouvernement cubain a défendu Gaesa, le qualifiant de structure essentielle pour échapper à l'embargo américain et pour assurer la génération de devises nécessaires au pays.







