Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, a intensifié jeudi la pression sur ses alliés européens, ainsi que sur le Canada, en annonçant un réexamen de la présence militaire américaine en Europe prévu d'ici six mois.
Arrivant au siège de l'Otan à Bruxelles dans un esprit conciliant, Hegseth a rapidement adopté un ton plus ferme, critiquant fortement certains pays européens. "Trop de pays alliés ne reconnaissent pas encore l'urgence d'adapter notre alliance militaire", a-t-il déclaré devant les ministres de la Défense, soulignant la nécessité d'une reformulation de l'Otan, un message qui rappelle les déclarations de l'ancien président Trump.
Hegseth a annoncé que ce réexamen de six mois visera à évaluer les forces américaines en Europe, afin de garantir une autonomisation de l'Europe dans sa défense. "Il s'agit d'assurer que l'Otan progresse vers une Europe qui prend les rênes de sa propre sécurité", a-t-il averti, critiquant les pays qui ont refusé d'accueillir les forces américaines pendant la guerre contre l'Iran.
Cette demande d’un meilleur partage des responsabilités en matière de défense entre Américains et Européens n'est pas nouvelle, mais elle s'est intensifiée depuis la réélection de Trump l'année dernière. Hegseth a qualifié d'"inacceptable" le comportement de certains alliés qui, selon lui, mettent en danger les vies de soldats américains.
En effet, il a souligné que ce réexamen devrait également garantir que les États-Unis puissent accéder aux bases de l'Otan en Europe quand cela leur semble nécessaire. Hegseth a également averti que si certains pays ne respectent pas leurs engagements de défense, la contribution financière américaine à l'Otan pourrait être revue à la baisse.
"Nos contributions annuelles à l'Alliance dépendent de la conformité des autres membres avec leurs objectifs de dépenses de défense", a-t-il indiqué, tout en reconnaissant que plusieurs pays respectent déjà leurs engagements. Toutefois, pour lui, la situation reste préoccupante, car certains pays doivent encore intensifier leurs efforts.
Le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a voulu apaiser les tensions en rappelant les progrès réalisés par les alliés en matière de dépenses militaires. En effet, l'année dernière, les pays européens de l'Otan et le Canada ont accru leurs dépenses de près de 20 %, atteignant un surplus de 90 milliards de dollars par rapport à l'année précédente.
Bien que les 32 nations de l'Otan aient accompli l'objectif de 2 % du PIB pour les dépenses militaires convenu en 2014, des experts soulignent que certains pays, comme la République tchèque et la Slovénie, restent en deçà de ce seuil. Pendant ce temps, d'autres, comme la France, peinent à dépasser cette exigence minimale.
Les États-Unis ont déjà amorcé des ajustements dans leur déploiement en Europe, notamment par des réductions de troupes en Allemagne. Le pays a également exprimé sa volonté de diminuer sa participation à la "modèle de forces" de l'Otan, qui a pour fonction d'informer l'Alliance des capacités militaires des différents membres.
Malgré ces préoccupations, M. Rutte a affirmé que les Européens sont en mesure de compenser ces ajustements. "Ce que nous observons aujourd'hui, c'est que les Européens sont en train de renforcer leur capacité à faire face à ce défi", a-t-il conclu.







