L'institut économique Ifo, basé à Munich, a récemment publié des prévisions de croissance économique qui se distinguent par leur optimisme, surtout en comparaison avec celles du gouvernement allemand. Selon leur rapport, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) pour cette année est estimée à 0,8 %, un chiffre supérieur de 0,2 point à la prévision faite lors du printemps.
Timo Wollmershäuser, responsable de l'analyse de la conjoncture à l'Ifo, a précisé dans un entretien à l'AFP que "cet été, nous allons d’abord stagner et ressentir de plein fouet le choc des prix de l’énergie". Ce choc, exacerbée par les répercussions du conflit en Iran, impactera le PIB allemand négativement, le coût de la flambée des carburants devant induire une perte équivalente à 0,4 point de pourcentage pour 2026 et 2027.
Cependant, les perspectives pour l'automne s'annoncent plus prometteuses grâce à une politique budgétaire très expansionniste. Des centaines de milliards d'euros investis dans les infrastructures et la défense devraient contribuer à une augmentation de 0,5 point au PIB, permettant ainsi une reprise significative.
Pour la plupart des autres instituts de recherche, la prévision de croissance reste à 0,6 %, tandis que le ministère de l'Économie et la Banque fédérale d'Allemagne s'attendent à une aumento de seulement 0,5 %. Avant le début de la guerre en Iran, l'Allemagne tablait sur un redressement de son activité d'au moins 1 % après une période de stagflation liée à des années de récessions.
En outre, Timo Wollmershäuser a noté que la prévision de l'Ifo pourrait s'améliorer si la tendance à la baisse des prix de l'énergie se maintient, notamment suite à un accord récent entre Washington et Téhéran. Un protocole d'accord a été signé par les présidents américain et iranien, avec une cérémonie officielle en Suisse prévue cette semaine.
Cependant, M. Wollmershäuser a également exprimé des réserves quant à la réponse du gouvernement de Friedrich Merz face aux défis structurels du pays, notant que peu a été fait concernant la réduction de la bureaucratie, des charges pesant sur les entreprises et nécessaire pour moderniser le système de retraite.







