Selon un baromètre publié ce mardi par le cabinet Arc, les retards de paiement en France atteignent des sommets inédits depuis 12 ans. Ce constat s'inscrit dans un contexte économique difficile où 25% des chefs d'entreprise anticipent une baisse de leur activité dans les mois à venir.
Le retard moyen de paiement est passé à 18,9 jours en 2026, un chiffre alarmant qui dépasse celui enregistré en 2025, à 17,3 jours.
Cette étude réalisée par l'Ifop, impliquant 506 entreprises de 50 salariés et plus, révèle un cycle néfaste : 79% des entreprises prolongent leurs délais de paiement envers leurs fournisseurs, à l’opposé des 57% recourant au découvert bancaire. Denis Le Bossé, président du cabinet Arc, explique que "les entreprises se financent les unes sur les autres", et ajoute que "les plus vulnérables, les TPE et PME, sont particulièrement affectées par ce fléau".
Les grandes entreprises, de mauvais payeurs
Face à la gravité de la situation, 71% des entreprises interrogées souhaitent un renforcement des outils disponibles, plaidant pour l'instauration d'une notation sur les délais de paiement. Cette mesure permettrait d'évaluer le comportement des partenaires commerciaux avant toute collaboration.
La mise en place de la facturation électronique, prévue pour septembre 2026, est perçue comme un pas dans la bonne direction. Elle pourra offrir une traçabilité précieuse des délais de factures, selon le cabinet Arc.
Le ministre de l'Économie Roland Lescure a également souligné l'importance de cette réforme, affirmant qu'elle pourrait "aider à suivre des délais trop souvent inobservés, un problème endémique pour nos entreprises".
Malgré les promesses de cette innovation, une méfiance subsiste : 50% des sondés doutent que les TPE et PME soient prêtes à gérer la facturation électronique dès septembre. Par ailleurs, 40% craignent que cette réforme soit utilisée comme prétexte pour retarder encore les paiements. En effet, la Banque de France a récemment noté que les grandes entreprises sont souvent "de piètres payeurs" par rapport à leurs homologues plus modestes, estimant qu'à défaut de ces retards, les PME auraient pu récupérer jusqu'à 13 milliards d'euros de liquidités en 2024.







