Dans un siècle, les livres d’histoire pourraient se pencher sur le 12 juin comme un tournant marquant du capitalisme sous Donald Trump. Ce jour-là, les employés d’Anthropic, pionniers de l’intelligence artificielle, ont reçu un ordre urgent de la Maison-Blanche, interdisant l’utilisation de leurs innovations en dehors des États-Unis. Selon The New York Times, les véritables motivations derrière cette décision semblent cacher une rancœur de Trump envers une entreprise qui n’adhère pas à sa vision.

Trois mois après que le Pentagone ait classé Anthropic comme “risque pour la chaîne d’approvisionnement”, en raison de son engagement éthique, la société espérait redorer son blason avec le lancement de son modèle de langage, Mythos. Il permet de détecter et de corriger des vulnérabilités jusqu’alors insoupçonnées dans les systèmes de sécurité. Au lieu d'être salué comme une avancée, cela a engendré de nouvelles accusations, suggérant qu'il fournirait des outils aux hackers. Pour apaiser les réglementations, l’usage de Mythos a été restreint à quelques entreprises de confiance, tandis que sa version simplifiée pour le grand public, Fable5, est dotée de protections anti-abus. Mais où se trouve le véritable problème ?

Le New York Times souligne que parmi les entreprises évaluant ce système pour le gouvernement se trouvait Amazon, dont les remarques sur les risques posés par Mythos semblent justifier les actions draconiennes de la Maison-Blanche. Jeff Bezos, fervent soutien de Trump, a-t-il joué un rôle dans cette décision ? Les employés d’Anthropic, en train de fermer les comptes étrangers, se sont interrogés : “Le président a-t-il quelque chose contre nous ?” Il semblerait que oui.

Appel à une politique technologique sérieuse

La quête de Trump pour faire briller l'intelligence artificielle dans son héritage se heurte aux réalités. Deux experts du Massachusetts Institute of Technology (MIT), dont un lauréat du Prix Nobel d’économie, l’ont rappelé dans Bloomberg : les États-Unis sont à la traîne dans 57 des 64 technologies essentielles à leur supériorité.

Pour soutenir son inclination pour les algorithmes, Trump favorise les investissements dans les data centers et la déréglementation. Pourtant, l'absence d'une stratégie cohérente sur des domaines cruciaux comme les semi-conducteurs et les biotechnologies demeure alarmante. Il est crucial que la Maison-Blanche planifie mieux l’avenir, sans imiter le modèle chinois “centralisé et intrusif”. Les États-Unis, forts de leurs chercheurs et entreprises, nécessitent des financements étatiques pour stimuler l’innovation, notamment pour éviter un potentiel “hiver quantique”.

Cette recommandation s’applique également au domaine de l’IA. Le besoin d'aides pour moderniser les usines américaines, massacrées par la délocalisation, est urgent. L’avenir de l’Amérique repose également sur l’ouverture, l’importation de talents et la coopération internationale, notamment avec les alliés de l’Otan. Nous en sommes encore loin, à ce jour.

La renaissance des jumelles pour touristes

Depuis 1933, leur apparence n’a guère évolué. Présentes des sites tels que le Grand Canyon et l’Empire State Building, ces jumelles incontournables, robustes et intemporelles, ont marqué les souvenirs de millions de voyageurs. Cependant, leur pérennité a été mise en doute jusqu’à ce qu’un groupe d'entrepreneurs technologiques prenne la relève de Tower Opticals en 2024, visionnant un nouvel avenir pour ces appareils.

Le précédent propriétaire, un héritier du fondateur, avait échoué à intégrer des innovations comme la réalité augmentée, souffrant notamment de la fermeture des sites touristiques en raison du COVID-19.

Ses successeurs, en revanche, ont trouvé une idée révolutionnaire : remplacer le paiement en espèces par un système de paiement sans contact, tout en préservant le charme des jumelles. Ils ont prouvé que la demande pour cette expérience tactile et rétro persiste, même à l'ère des smartphones. Un des investisseurs confie : “Les gens sont fatigués des écrans, ils recherchent la sensation de la réalité.”