En convoquant un référendum le 23 juin 2016, David Cameron pensait résoudre une bonne fois pour toutes la question des relations entre le Royaume-Uni et l'Europe. Détrompez-vous ! Cette décision a déclenché une série d'événements sans précédent qui continuent à façonner le pays.

“Mon parti doit cesser cette fixation sur l'Europe.” En 2006, tout juste élu à la tête des conservateurs britanniques, David Cameron critique fermement les querelles internes de son parti sur l'Union européenne. Il estime alors que ce sujet n'intéresse que les factions pro- et anti-UE des Tories. Vingt ans après, cette affirmation a pris un nouveau sens : l'attachement ou l'hostilité à l'UE sont devenus des identités à part entière, bien au-delà des clivages politiques.

En 2010, il devient Premier ministre à tout juste 43 ans et tente un pari risqué : négocier des concessions avec Bruxelles, notamment sur l'immigration, puis persuader le peuple britannique de rester dans l'UE lors d’un référendum. Cependant, comme le dit l'adage : The rest is history.

2015 : la montée de l'euroscepticisme, exacerbée par la crise des réfugiés et l'essor du Parti pour l'Indépendance du Royaume-Uni (Ukip) de Nigel Farage, pousse Cameron à organiser un référendum sur l'UE.

23 juin 2016 : après avoir négocié des concessions modestes à Bruxelles, le référendum divise tant la majorité conservatrice que l'opposition travailliste. À la surprise générale, 51,9 % des électeurs choisissent de quitter l'UE.

13 juillet 2016 : désavoué, Cameron, qui était pro-UE, démissionne. Il est remplacé par Theresa May, une conservatrice favorable à l'Union, qui se voit confier la difficile tâche de gérer la sortie de l'UE.

Fin 2018 : les négociations avec Bruxelles prennent une tournure complexe, notamment sur la question de la frontière nord-irlandaise. Theresa May propose de maintenir le Royaume-Uni dans l'union douanière, ce qui provoque la colère des partisans d'un Brexit pur et dur. Elle finit par démissionner en mai 2019 et cède la place à Boris Johnson, leader de la campagne pour le Brexit.

Été 2019 : Boris Johnson suspend les activités parlementaires pour éviter un vote limitant les options de sortie de l'UE.

12 décembre 2019 : lors d'élections anticipées, les conservateurs remportent une victoire écrasante, leur promesse étant de concrétiser le Brexit. Un accord de sortie est rapidement trouvé, avec l'Irlande du Nord conservant des liens avec l'UE.

31 janvier 2020 : le jour tant attendu, surnommé “Independence Day”, le Royaume-Uni quitte officiellement l'Union européenne, tout en restant soumis aux règles européennes pour négocier les futures relations commerciales.

31 décembre 2020 : enfin, un accord commercial est conclu au terme d'une année mouvementée, marquée par la pandémie de Covid-19, l'élection de Joe Biden et des tensions avec les pêcheurs français.

2023 : trois ans après le départ, le pays fait face à une inflation supérieure à 10%, une pénurie de main-d'œuvre et un service de santé en crise, semant le doute sur l'avenir du Brexit.

2024 : Keir Starmer, le leader travailliste, élu en juillet, prône un déconfinement pragmatique du Brexit, s'alignant sur les aspirations europhiles croissantes.

23 juin 2026 : dix ans après le référendum, les opinions semblent figées. Les europhiles aspirent à une réconciliation avec l'Europe, tandis que les Brexiters continuent à se distancier de Bruxelles.