Le mouvement chiite libanais, souvent désigné comme le "parti de Dieu", se proclame renforcé après trois mois de tension, attribuant ce regain de confiance à sa résistance et à l'assistance diplomatique de Téhéran, qui a facilité l'instauration d'un cessez-le-feu au sud du Liban. Cependant, les autorités israéliennes affichent leur intention de ne pas abandonner les territoires sous leur occupation.
"Je crois sincèrement que le Hezbollah est de retour à la pointe de la scène", témoigne Mohsen Abou Zeinab, un charpentier de 47 ans, qui déplore avoir perdu sa maison, son village et plusieurs proches lors des bombardements israéliens. Ses propos illustrent l'état d'esprit au sein des partisans de l'organisation, ravivés par l'accord informel entre Washington et Téhéran visant à clore l'escalade de violence au Moyen-Orient, rapporte la correspondante du Financial Times à Beyrouth.
La situation a été enrayée avec un cessez-le-feu répondu par Israël, qui semble respecter cette entente en ce début de semaine. De plus, une nouvelle "cellule de gestion des conflits" a été créée pour le Liban, sans la participation d'Israël, à la suite des pourparlers entre États-Unis et Iran.
Le complot a "échoué"
Selon le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, ce rapprochement entre Washington et Téhéran met en lumière la volonté américaine de construire une paix durable qui pourrait également inclure la réorientation du Hezbollah, en le transformant en un acteur politique sans engagements militaires.
Les luttes internes au Hezbollah sont soigneusement surveillées, alors que le secrétaire général du parti, Naïm Kassem, a récemment déclaré que le "complot américano-israélien" pour éliminer le Hezbollah avait échoué, comme relayé par le journal Al-Akhbar, un outil de communication proche du Hezbollah.
Il a exprimé sa certitude que les forces israéliennes quitteront l'ensemble du Liban, rejetant toute notion de "zone de sécurité israélienne" au sud, et a critiqué les négociations israélo-libanaises à venir, qu'il considère comme une capitulation face aux influence américaines.
Le dossier libanais "trop inextricable pour être résolu"
Dans une rhétorique plus large, Donald Trump a évoqué, lors d'interviews récentes, la possibilité de demander à la Syrie de "s'occuper" du Hezbollah à la place d'Israël. Cependant, le président syrien, Ahmed El-Charaa, a rejeté cette idée, affirmant que les échanges entre les deux nations devraient rester de nature économique.
Pour résumer la situation actuelle, le sud du Liban reste temporairement pacifié depuis un cessez-le-feu, mais la tension demeure latente. Les responsables israéliens, tel que le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, affirment que leur présence dans la région continuera "aussi longtemps que nécessaire", consolidant une posture défensive face aux menaces persistantes du Hezbollah.
Malgré ces efforts, la complexité de la situation libanaise persiste, et certains analystes, comme ceux d'An-Nahar, concluent que la dynamique s’est transformée en un enchevêtrement difficile à démêler, résistant à toute solution superficielle, même face à des efforts diplomatiques.







