TRIBUNE. Le fondateur et président du Cercle des entrepreneurs engagés s'engage à porter haut et fort la voix des dirigeants d'entreprise afin que leurs préoccupations soient entendues dans les débats publics.
Les entrepreneurs, véritables moteurs de l'économie, sont souvent mis à l'écart des discussions essentielles concernant l'avenir du pays. Ils sont pourtant au cœur de nos défis : production, emploi, rémunérations et solidarité nationale. On nous somme d'« arrêter de râler » et de « nous engager ». Sur ce point, Monsieur le Ministre, il faut le dire : les entrepreneurs sont déjà engagés, chaque jour dans nos entreprises.
Pour faire entendre leurs voix dans la société, nous avons lancé le Cercle des entrepreneurs engagés (CEE), un mouvement actif qui casse le silence et revendique une représentation juste au sein de l'opinion publique. Notre dernier sondage réalisé par OpinionWay montre que les Français comprennent mieux que leurs dirigeants la véritable place des entrepreneurs dans notre économie.
Colère entrepreneuriale
Une profonde frustration ronge le monde entrepreneurial depuis plusieurs années. Cette indignation s'est manifestée à travers divers mouvements de protestation, notamment durant l'automne dernier. Elle exprime un sentiment de surcharge et de désespoir, celui d'être constamment sollicité sans jamais être réellement entendu.
Les difficultés rencontrées par les entrepreneurs ne proviennent plus seulement de leurs activités internes, mais également de contraintes extérieures comme l'instabilité fiscale et l'accumulation réglementaire, souvent infligées sans réelle compréhension des enjeux. Aujourd'hui, une obligation morale d'agir se fait sentir, poussant nombre d'entrepreneurs à quitter leur réserve et à participer au débat public.
La perception de l'entreprise a évolué ces dernières années, en grande partie grâce à la crise sanitaire qui a mis en lumière le rôle fondamental des entreprises dans notre société. Les auto-entrepreneurs, en particulier, ont joué un rôle majeur dans cette évolution. Environ 2,5 millions de Français ont envisagé ou créé leur activité, se rapprochant ainsi de la réalité entrepreneuriale.
Le pays s’affaiblit, non par manque de talents, mais par manque de confiance accordée à ceux qui agissent.
Les entrepreneurs et leurs équipes sont désormais une partie intégrante de l'intérêt général, une réalité reconnue dans de nombreux pays développés. Cependant, la France semble encore hésiter à accepter ce fait. La méfiance et la taxation excessive pèsent sur ceux qui prennent des risques économiques. Les valeurs liées à l'entrepreneuriat, bien que reconnues par l'opinion, se trouvent souvent absentes des décisions politiques, contribuant ainsi à l'affaiblissement du pays.
Signal d’alarme
Le dernier débat budgétaire en témoigne. De nombreuses mesures ont été perçues comme hostiles aux entreprises, générant un sentiment d'injustice parmi les entrepreneurs. Des propositions fiscales ont été jugées idéologiques plutôt que pragmatiques, comme en témoigne la controverse autour de la taxe Zucman, qui a non seulement soulevé des questions économiques, mais a également mis en lumière la stigmatisation des entrepreneurs.
Il est crucial d'éclairer l'opinion publique et de mobiliser le soutien pour ceux qui oeuvrent à la création, à l'investissement et à l'embauche. Les programmes électoraux des partis qui se préparent pour 2027 ne répondent que très peu aux attentes d'une communauté entrepreneuriale en souffrance. À droite comme à gauche, le dialogue avec l'entreprise semble se réduire à une source de revenus fiscaux facile. Il est impératif que les voix de la société civile, particulièrement celle des entrepreneurs, soient davantage entendues dans le débat public.
« Le CEE est une force collective, indépendante, apartisane, qui veut peser dans le débat public »
Notre objectif est de mobiliser tous ceux qui entreprennent : artisans, commerçants, agriculteurs et dirigeants de TPE, PME et grands groupes. Nous voulons démontrer que l'opinion publique est de notre côté et que nos valeurs doivent être défendues. Le Cercle des entrepreneurs engagés n'est pas un lobby pour des intérêts particuliers, mais une voix pour l'intérêt général. Une force collective qui vise non seulement à représenter les entrepreneurs dans les médias, mais également à les inciter à s'impliquer dans les élections futures, afin de recentrer debates sur le réel, l'efficacité et la responsabilité.
Dire « trop, c’est trop » n'est plus suffisant. Une action collective et forte s'impose. Monsieur le Ministre, les entrepreneurs sont prêts à agir. Les Français aussi. Ensemble, nous sommes déjà engagés.







