La famille Dassault semble apprécier un bonheur financier croissant. Au cours des cinq dernières années, les héritiers de Marcel Dassault ont observé une augmentation spectaculaire de leurs dividendes. D'après les prévisions, cette année, le Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD) pourrait atteindre 400 millions d’euros, ce qui représente le double des 196 millions perçus il y a cinq ans, bien avant les tensions géopolitiques exacerbées par la guerre en Ukraine.
Les analystes estiment que les dividendes pourraient atteindre 427 millions d'euros à la fin de l'année, grâce à la part majoritaire de 66% dans Dassault Aviation et de 40% dans Dassault Systèmes, qui sont tous deux cotés en Bourse. De plus, la foncière Immobilière Dassault contribue également à cette richesse, générant des millions supplémentaires.
Pour 2025, les dividendes devraient culminer à environ 368 millions d'euros, soutenus par les performances remarquables de Dassault Aviation, dont le chiffre d'affaires a augmenté de 30% dépassant le milliard d'euros. Dassault Systèmes, malgré un léger ralentissement, a également plus que doublé ses dividendes en cinq ans, atteignant 137 millions d'euros pour la famille Dassault, selon des informations rapportées par l'agence Tradingsat.
Deux tiers des dividendes reversés aux héritiers
Le groupe, dirigé depuis un an par Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, fait preuve de générosité envers la famille. Selon des sources informées, environ 66% des dividendes perçus par GIMD sont reversés aux héritiers, à hauteur de 250 millions d'euros pour 2025. Contacté pour des commentaires, le groupe a refusé de confirmer ces chiffres.
"GIMD redistribue une partie des dividendes à la famille tout en conservant le reste pour ses investissements", précise une source interne.
Le solde, avoisinant une centaine de millions d'euros l'année dernière, est soigneusement conservé dans la trésorerie de GIMD, évaluée entre 4 et 5 milliards d'euros, utilisée potentiellement pour des rachats d'actions des héritiers, un sujet récurrent parmi les familles fortunées.
À partir de 2029, les héritiers pourront commencer à vendre leurs actions. Serge Dassault avait précédemment imposé une restriction interdisant la vente de titres pendant dix ans après son décès ou celui de son épouse, Nicole. Des rumeurs circulent sur l'éventualité que les héritiers souhaitent liquider une partie de leurs actions, un comportement alimenté par des historiques familiaux et les mouvements récents parmi les membres.
Les héritiers envisageront-ils de vendre leurs actions ?
Les branches familiales qui en ont hérité ont chacune 25% de GIMD, avec treize héritiers au total d'après une source interne, faisant de la dynamique familiale un sujet d'observation. En effet, les quatre enfants de Serge Dassault ont cédé leurs postes au conseil à la prochaine génération, ce qui a modifié la structure de pouvoir au sein de l'entreprise.
Les héritiers, comprenant des enfants et petits-enfants, doivent faire face à des considérations financières, alors que des observateurs notent que des dividendes élevés incitent à la fidélité au groupe. La cinquième génération arrive sur le devant de la scène, ce qui pourrait influencer les décisions à venir dans l'approche commerciale et familiale du groupe Dassault.
La complexité de la succession continue d’intriguer et d’inquiéter, mais pour l’instant, les héritiers semblent bien installés dans un avenir où les dividendes se multiplient.







