Alors que le conflit en Ukraine entre dans sa quatrième année, il semble que les Français commencent à exprimer une certaine lassitude. D'après le sondage Ifop, publié le 22 février, seulement 47% des interrogés sont en faveur de l'approvisionnement en armes pour l'Ukraine. Cette statistique représente une baisse de 3 points par rapport à l'année dernière et de 18 points par rapport à 2022, au début de ce conflit, indiquant un changement d'humeur chez les citoyens.
Jérôme Fourquet, sondeur à l'Ifop, analyse cette situation : "Les Français semblent dire : il est temps de mettre un terme à cette guerre." En effet, une majorité semble désormais préoccupée par les conséquences prolongées du conflit, suggérant une réforme de la manière dont la France aborde son soutien militarisé. Le député Bruno Fuchs (Les Démocrates) affirme que cette évolution ne représente pas nécessairement un basculement vers des positions pro-russes, mais illustre plutôt une fatigue vis-à-vis de la guerre.
Remplir nos arsenaux avant ceux de l'Ukraine
Malgré cette lassitude, le sondage révèle que la menace russe pour l'Europe est perçue comme toujours présente. De ce fait, une majorité de 58% des sondés jugent nécessaire d'augmenter le budget de la défense nationale. "C'est une manière de dire qu’il faut remplir nos arsenaux avant ceux de l’Ukraine," commente Fourquet.
En ce qui concerne un potentiel accord de cessez-le-feu entre l'Ukraine et la Russie, 58% des Français estiment que l'Europe ne pourra pas garantir la sécurité de l'Ukraine sans l'assistance des États-Unis. Cette dépendance aux États-Unis est aggravée par l'imprévisibilité de la position américaine sur le sujet, ce qui renforce le sentiment d'incertitude parmi les Européens.
En ce qui concerne l'éventualité d'un déploiement de soldats français sur le sol ukrainien pour faire respecter un éventuel cessez-le-feu, les avis sont partagés : 40% des sondés soutiennent cette idée, tandis que 43% s'y opposent, signe d'un sentiment encore plus mitigé face à l'escalade potentielle du conflit.
Enfin, Emmanuel Macron a exprimé sa volonté de réengager le dialogue avec Vladimir Poutine, une stratégie perçue par Fuchs comme "la démarche la plus réaliste" à condition qu'elle génère des résultats positifs. Cette idée est également soutenue par 53% des sondés qui pensent qu'un dialogue pourrait être bénéfique pour la stabilité régionale.
Sondage Ifop pour La Tribune Dimanche réalisé les 18 et 19 février 2026, basé sur un échantillon de 1.000 participants représentatif de la population française.







