Les conséquences du dérèglement climatique se font déjà ressentir dans les exploitations agricoles de Corse. Selon une étude de l'institut Potsdam en Allemagne, la moitié des pâturages de bétail sera menacée par ces changements d'ici 2100. Aujourd'hui, les éleveurs corses doivent déjà redoubler d'efforts pour s'adapter à cette nouvelle réalité.
Sécheresse persistante, pluies tardives, et tempêtes de plus en plus violentes sont désormais des enjeux quotidiens. Ainsi, Antony Baldovini, qui dirige une exploitation à Aghione avec 260 brebis laitières, souligne l'impact de ces évolutions : « Les pluies interviennent très tard, diminuant ainsi la pousse d’automne. Cela complique nos pratiques agricoles ». Le changement climatique n'est pas seulement un défi sporadique ; il oblige les agriculteurs à repenser leurs méthodes chaque année.
Les périodes de sécheresse sont de plus en plus fréquentes, ce qui pousse Baldovini à adapter ses pratiques. « Arroser ne suffit pas toujours, car cela a un coût et nécessite des ressources en eau qui manquent parfois », explique-t-il. Cette situation est d'autant plus critique que les hivers sont plus doux, facilitant la propagation de certaines maladies comme la fièvre catarrhale ovine. L'éleveur constate également une intensification des vents : « Ces rafales plus fortes affectent la structure du sol, rendant la surface encore plus aride ».
Un avenir professionnel remis en jeu chaque année
Antony Baldovini représente un exemple d’agriculture pastorale traditionnelle basée sur l’utilisation des ressources fourragères naturelles. Pour mieux faire face aux défis climatiques, il prône un modèle de travail collaboratif. « Je vois des vignobles aux alentours où l'enherbement engendre du travail supplémentaire, pourtant cela pourrait aussi profiter à mes brebis en période de sécheresse », suggère-t-il.
Un autre axe de l'agriculture pastorale serait de permettre aux animaux de pâturer dans les maquis, une méthode qui pourrait à la fois fournir une alimentation à ses bêtes et lutter contre le risque accru d’incendies de forêt.
Comme l’affirme un article du quotidien régional Corse Matin, l'adaptation des pratiques agricoles est non seulement essentielle pour préserver les moyens de subsistance des agriculteurs, mais aussi pour protéger un écosystème en danger. Facilité par un climat changeant, le défi de l'agriculture est désormais une question de survie.







