"C'est le moment du politique. Maintenant il faut décider, il faut trancher. Est-ce qu'on veut des emplois industriels en Europe ou pas?", a déclaré Christophe Périllat sur BFM Business, le 27 février. À quelques jours de la présentation par la Commission européenne d'une proposition de préférence européenne prévue le 4 mars, ce concept, longtemps défendu par la France et des industriels comme Valeo, fait actuellement l'objet de vifs débats.
Concrètement, une préférence européenne signifierait que certains produits subventionnés, tels que les voitures électriques, doivent être majoritairement fabriqués en Europe. Le pourcentage de contenu local reste un point de tension : la Commission envisagerait un seuil de 70%, tandis que la France milite pour 75% (source : BFM TV).
75% de la valeur d'une voiture européenne est actuellement produite en Europe. Un chiffre en dessous de cela indique plus de délocalisations et au-dessus, plus de réindustrialisation.
"Doit-on privilégier des voitures bon marché avec des composants chinois ou assurer la pérennité de nos emplois industriels?", interroge le dirigeant de Valeo.
La présentation du texte, initialement attendue en janvier, sera finalement dévoilée début mars. "C'est un changement de paradigme pour la Commission et pour certains États membres. Il ne faut pas espérer que ce changement se fasse instantanément", tempère Christophe Périllat.
Un tournant vers l'Inde
L'industrie automobile, représentant 7% du PIB de l'UE et employant près de 14 millions de personnes, se trouve dans une situation délicate. Les ventes ont chuté de 22% sur la période de 2019 à 2024, tandis que les prix des véhicules ont significativement augmenté. De plus, la transition vers l'électrique ne progresse pas aussi rapidement que souhaité et, dans ce contexte, les entreprises basées en Chine gagnent des parts de marché.
Pour l'avenir, "le marché restera relativement stable. Un regain d'élan semble peu probable", observe le dirigeant de Valeo, dont le chiffre d'affaires a légèrement diminué pour atteindre près de 21 milliards d'euros. Toutefois, il prévoit un retour à la croissance d'ici 2027, après une augmentation de 38 % de ses commandes au cours de l'année passée.
Christophe Périllat mise sur un développement en Inde, qui représente 6% des immatriculations mondiales mais seulement 1% de son chiffre d'affaires. Avec un investissement de 200 millions d'euros prévu, Valeo espère profiter des politiques favorisant la production nationale.
"C'est le bon moment pour investir en Inde. Ceux qui s'y sont récemment rendus constatent un véritable changement dans le pays", indique-t-il.
Valeo espère ainsi bénéficier de l'essor des voitures de gamme supérieure et des normes de sécurité qui se renforcement.







