Le tribunal de commerce de Bordeaux a opté pour l'offre du groupe SPB (Société de participation de la Braye) pour la reprise des papeteries de Condat, qui se trouvent sous redressement judiciaire. Ce choix, confirmé par diverses sources, entraînera la suppression d'environ 200 postes au Lardin-Saint-Lazare, un coup dur pour les employés. SPB a néanmoins promis la création de 300 nouveaux emplois à terme.
Initialement placées en redressement judiciaire en octobre dernier, suite à la mise en vente par le groupe Lecta, les papeteries de Condat attendaient une issue favorable. Le tribunal a finalement jugé que SPB présentait l'offre la plus solide, alors qu'une autre société, Finesta, d'origine tchèque, avait également manifesté son intérêt. Comme le souligne France Bleu, la décision a été difficile pour les nombreux salariés concernés.
L'offre prévoit la création d'un Biopark
SPB, dont le siège se situe dans l'Eure, a su démontrer sa capacité à mener à bien des projets similaires, notamment dans une autre papeterie de la Sarthe. Le projet pour Condat inclut la reconversion complète du site avec plusieurs axes de développement. Parmi ceux-ci :
- La production d'alumine destinée à l'industrie automobile, impliquant la mise en place d'une unité de recyclage de l'aluminium d'ici 30 à 36 mois pour un investissement de 45 millions d'euros.
- Une unité de production de nanocellulose, utilisée dans les cosmétiques, prévue également dans les 30 à 36 mois avec un investissement de 50 millions d'euros.
- Un pôle énergétique, axé sur l'hydrogène, qui devrait entrer en fonctionnement dans un délai de 24 à 30 mois, également pour un investissement de 50 millions d'euros.
SPB envisage également la création d'un data center pour le développement de l'intelligence artificielle, en partenariat avec un opérateur national ou européen, pour un projet évalué à 400 millions d'euros. Toutefois, le groupe n'a pas annoncé de délais pour ce dernier projet.
En ce qui concerne l'avenir de la production de papier, SPB a indiqué qu'aucune fabrication de papier n'est prévue pour l'instant, bien qu'une étude de faisabilité sur la reprise de la production de papier glassine soit en cours avec le groupe Delfort.
SPB ne garde que 21 salariés
Malheureusement, comme redouté par les employés, SPB ne prévoit de conserver que 21 des plus de 200 postes actuellement en place. Cela signifie que près de 195 emplois seront supprimés. La chaudière biomasse, qui emploie certains de ces salariés, ne sera pas reprise, accentuant encore plus le choc économique pour la région.
Néanmoins, SPB a promis la création de 300 postes directs sur le site dans les années à venir, une annonce qui intervient après un précédent plan social ayant déjà conduit à la suppression de 174 postes en 2023. Ce site, qui était naguère le principal employeur du département avec jusqu'à 1 200 employés, fait face à une restructuration majeure.
Pour accompagner cette transition, le directeur général de SPB, Olivier Huot, a déclaré que l'entreprise mettrait en œuvre une aide de 250 000 euros pour les congés payés des employés repris non couverts par la procédure. Ce geste vise à atténuer les effets de cette réorganisation sur les salariés, qui ont exprimé leurs inquiétudes quant à leur avenir.







