Doug Burgum, ministre américain de l'Intérieur, a exprimé jeudi à Caracas sa confiance quant aux évolutions des secteurs minier et pétrolier du Venezuela. Il a assuré que le gouvernement vénézuélien garantirait la sécurité des compagnies minières dans un contexte de tension autour des prix du brut, exacerbée par les conflits au Moyen-Orient.
Cette déclaration fait suite à une visite de deux jours de M. Burgum au Venezuela, qui survient deux mois après la prise de contrôle temporaire du pays par les forces américaines. Le ministre, connu pour ses liens avec l'industrie énergétique, a mis en avant les récentes modifications législatives du régime de Nicolás Maduro visant à attirer les investisseurs étrangers.
Dans le cadre de la pression américaine, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé une révision de la loi sur les hydrocarbures permettant l'investissement privé. De plus, elle a évoqué une amnistie pour les prisonniers politiques et une réforme judiciaire en préparation. Lors d'une rencontre avec M. Burgum, elle a confirmé que des modifications apportées au code minier seraient débattues prochainement au sein de l'Assemblée nationale.
"Nous avons reçu des garanties", a déclaré M. Burgum. "Le gouvernement a promis de protéger les entreprises souhaitant explorer ces ressources. Je suis convaincu que de nouveaux investissements vont affluer, non seulement dans le secteur pétrolier mais aussi dans les zones riches en ressources minières du pays".
Le Venezuela, doté de riches réserves de minerais comme l'or, le diamante, la bauxite et le coltan, se concentre sur l'extraction dans une région de 112.000 km² nommée Arc minier. Cette zone est cependant connue pour son instabilité, marquée par la présence de groupes armés et de tous types de gangs.
Les ONG, telles que SOS Orinoco, dénoncent l'impact environnemental désastreux de l'exploitation minière illégale, soulignant que près de 945.000 hectares de forêts ont été détruits depuis 2000 selon des analyses satellitaires.
M. Burgum a également noté que la production pétrolière vénézuélienne devrait augmenter après les révisions législatives : "Je suis persuadé que le pays dépassera ses objectifs de production de pétrole et de gaz fixés pour 2026".
Après les sanctions américaines subséquentes à la réélection controversée de Maduro en 2018, le paysage économique du Venezuela a beaucoup évolué, et des mesures de libération des sanctions ont été envisagées depuis la prise en main temporaire de Nicolás Maduro par l’administration Trump.
La visite de M. Burgum intervient peu après celle du ministre de l'Énergie, Chris Wright, qui avait inspecté des sites pétroliers afin d’étudier les nouvelles lois destinées à dynamiser les investissements.
En soulignant la proximité géographique du Venezuela avec les États-Unis, M. Burgum a déclaré, "Il ne faut que quatre jours pour qu'un pétrolier du Venezuela arrive sur nos côtes, comparé à 40 jours depuis l'Asie. Cela représente une immense opportunité".
"Le Venezuela dispose d'une victoire majeure, tant pour lui que pour les États-Unis", a-t-il ajouté, en insistant sur l'importance de ces ressources pour la stabilité économique américaine.
Avec les plus grandes réserves pétrolières au monde, le Venezuela vise une augmentation de 18 % de sa production d’ici 2026, passant de 1,2 million de barils par jour en 2025 à un objectif ambitieux. En comparaison, la production avait chuté à environ 360.000 barils en 2020.







