Franck Soury, artisan boucher au 17, place du Maréchal-Leclerc à Montmorillon, se prépare à tirer sa révérence et recherche un repreneur pour son entreprise.
Franck Soury, actif dans ce métier depuis 41 ans, commence à envisager sérieusement sa retraite. « Je suis conscient qu'il faut environ cinq ans pour céder un fonds de commerce. D'où ma démarche actuelle. » Après avoir entendu diverses rumeurs sur la fermeture de sa boutique, il souhaite mettre les choses au clair : « Je n'ai aucune intention de fermer. Je reste jusqu'à ce qu'un repreneur se manifeste. » En tant que dernier boucher de la ville, Franck émet l'espoir de trouver quelqu'un pour poursuivre son héritage.
Originaire du nord du Périgord, Franck a fait son apprentissage à la boucherie d'un supermarché avant de s'installer à Montmorillon. « J'ai été recruté pour gérer la boucherie de Cali (aujourd'hui Panier sympa). J'y suis resté 12 ans et demi. » Après cela, il a passé six ans et demi à l'abattoir de volailles de Montmorillon avant d’ouvrir sa propre boucherie en 2009, au 17, place du Maréchal-Leclerc. Ce début, il l’a fait dans la solitude avec un ouvrier pendant un an, avant que son épouse, Lyse, ne le rejoigne. « C'était un travail immense, elle a abandonné son emploi pour m'épauler. »
La dynamique des courses en ville a changé
Avec le temps, le paysage du commerce a évolué. Lyse n'étant présente en boutique que deux matins par semaine, elle travaille aussi comme aide à domicile. « Le travail est trop pour une seule personne, mais pas suffisant pour deux. En période de forte affluence, comme à Pâques, c'est un défi d'être seul. » Il souligne un changement dans le comportement des consommateurs : « Les clients sont formidables, mais ils se rendent moins fidèles qu'auparavant. Ils tendent à privilégier le tout-en-un des supermarchés. »
Un lien particulier avec ses apprentis
Passionné par son métier, Franck aime transmettre ses connaissances. Il est également correcteur d’épreuves au certificat d’aptitude professionnelle (CAP) en centre de formation des apprentis (CFA). « Je suis resté en contact avec tous mes apprentis, ils reviennent souvent me voir. » Certains ont particulièrement marqué son parcours. « J'ai eu la chance de former un élève exceptionnel, Wilfried Mercier, qui est maintenant directeur des services frais chez Intermarché. »
Pour ce qui est de la retraite, Franck ne la considère pas comme une fin. « Il y a tant de projets possibles, cela ne m'effraie pas. » Il envisage même de faire un retour dans le milieu associatif pour continuer à faire vivre ses passions.
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