Le ministère américain des Finances a annoncé, jeudi, la possibilité de vendre du pétrole russe jusqu'au 11 avril, suscitant une réaction rapide des acteurs internationaux. Cette décision a été largement critiquée par l'Union européenne, mais Emmanuel Macron la considère comme «exceptionnelle et limitée».
La présidente de la Commission européenne a qualifié la décision américaine d'«unilatérale», affirmant qu'elle était «très préoccupante». En effet, cette mesure intervient dans un contexte de hausse des prix du brut, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient. Antonio Costa, président du Conseil européen, a souligné que cette décision pourrait nuire à la pression économique exercée sur la Russie, un élément crucial pour des négociations avec l'Ukraine.
«L'affaiblissement des sanctions accroît les ressources russes pour mener la guerre d'agression contre l'Ukraine», a-t-il déploré sur le réseau social X. Selon les estimations de la Commission européenne, la Russie pourrait percevoir jusqu'à 150 millions de dollars par jour grâce à ces ventes de pétrole, ce qui en fait, selon Paula Pinho, porte-parole de la Commission, un des principaux bénéficiaires de ce conflit.
Emmanuel Macron a défendu la position des États-Unis, en affirmant que cela ne remet pas en question les engagements pris par le G7. Lors d'une conférence de presse avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, il a précisé : «La situation en Ukraine ne justifie en rien de lever les sanctions».
De son côté, Zelensky a critiqué cette décision, la qualifiant de renforcement de la position russe. «Ce seul assouplissement pourrait rapporter environ 10 milliards de dollars à la Russie pour continuer la guerre», a-t-il déclaré, soulignant que cela ne favorise en aucun cas la paix en Ukraine.
Scott Bessent, membre du ministère américain des Finances, a qualifié cette décision de «mesure à court terme» pour contrer la flambée des prix du pétrole depuis le début de la guerre en Iran. Il convient de noter que Washington avait déjà autorisé auparavant la livraison de pétrole russe bloqué en mer vers des pays comme l’Inde. En réponse, Moscou a demandé à Washington d’ouvrir la voie à une levée plus large des sanctions.







