Inquiets d'une compétition qu'ils jugent déloyale, les membres de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) de l'Aveyron s'engagent à défendre la souveraineté alimentaire européenne face à des produits qu'ils estiment inférieurs en qualité.
Ce jeudi 2 avril, ces agriculteurs se rendront dans les supermarchés de Millau et Rodez avec pour objectif de contrôler l'origine des viandes mises en vente et d'informer les consommateurs des risques liés aux accords commerciaux, notamment celui avec le Mercosur qui permet l'importation de viande bovine brésilienne traitée avec des hormones. Ces pratiques, selon eux, compromettent la santé publique et sapent les normes strictes imposées aux producteurs européens.
« La souveraineté alimentaire ne doit pas être sacrifiée, tout comme la santé des consommateurs français et européens au profit des échanges internationaux », a déclaré un représentant de la FDSEA. En effet, la viande bovine n'est pas la seule à être menacée. L'accord signé entre l'UE et l'Australie par Ursula von der Leyen est perçu comme un nouveau coup dur pour l'agriculture européenne, compromettant ainsi la viande ovine, déjà en danger.
"Nous voulons que les consommateurs sachent ce qu'ils mettent dans leur assiette"
Récemment, la Direction générale de la santé et de l'alimentation de la Commission européenne a reconnu qu'une importante quantité de viande bovine, traitée avec l'œstradiol 17B, avait été importée du Brésil- une hormone prohibée dans l'UE- en raison de défaillances majeures dans le système de traçabilité brésilien.
Assez inquiétant, deux jours après cette révélation, la Commission européenne a décidé de poursuivre l'application provisoire de l'accord commercial avec le Mercosur malgré les risques évidents pour la santé des consommateurs et la concurrence désavantageuse pour les éleveurs européens. Le syndicat agricole s'alarme de telles décisions.
Pour ces agriculteurs aveyronnais, déjà habitués à de telles initiatives, cette mobilisation s'intègre dans un cadre plus large de défense de la souveraineté alimentaire de notre continent. Un jeune acte de la JA a exprimé son indignation : « On nous demande de produire dans des normes toujours plus strictes, mais on laisse entrer des produits dépourvus de ces exigences ». Ainsi, ces éleveurs espèrent sensibiliser les consommateurs et rétablir la qualité au profit de tous.







