Le tribunal judiciaire de Bayonne a décidé de relaxer un homme de 54 ans, accusé de violences conjugales envers sa femme et de violences physiques et psychologiques sur ses deux enfants mineurs. Le parquet avait requis 18 mois de prison avec sursis. La femme, qui avait déposé plainte pour viol, témoigne avoir subi un véritable calvaire, tandis que ses enfants évoquent des violences qui ont débuté alors qu’ils étaient encore très jeunes.
Le 20 avril, le jugement a été prononcé après un procès où se sont accumulés les témoignages accablants. Les violences en question se sont étendues sur une période de six ans à Urrugne, dans le Pays basque. Selon les déclarations, l’homme contrôlait chaque aspect de la vie familiale, instaurant une atmosphère de terreur au sein du foyer. La victime révèle que son mari l’interdisait de côtoyer d’autres hommes, allant jusqu’à lui interdire de danser, la qualifiant de « salope » ou d'« alcoolique », marquant ainsi des effets psychologiques tangibles chez elle, tels que de l'hypervigilance et des problèmes d'alcool.
Les enfants pris dans la tourmente
Les enfants ont également confirmés les abus subis. Ils ont décrit des scènes de violences physiques, notamment des gifles et des fessées. Les conséquences de cette violence se font sentir : l’aînée souffre de troubles alimentaires et de sommeil. Selon un médecin ayant évalué la situation, la mère a reçu une interruption temporaire de travail de 10 jours, sa fille 5 jours, et son fils 2 jours. Le parcours de cette famille souffrante est alarmant et interpelle les professionnels de santé et les organismes de protection de l’enfance.
Une défense contestable
Lors de son procès, l’accusé a fermement nié les allégations en affirmant qu'il est inimaginable de frapper ses propres enfants, se défendant en prenant pour exemple son expérience passée avec l’UNICEF. Son avocat, Me Nouhou Diallo, a plaidé la relaxe, soutenant qu'il n'existait pas de preuves concrètes des violences physiques. Il a souligné que le doute devait favoriser l'acquittement. Cependant, cette position a provoqué l'incompréhension et la déception chez la partie civile, qui espérait une reconnaissance des souffrances vécues.
Le parquet avait suggéré des mesures de contrôle strict, incluant une interdiction d’approcher la famille, un suivi thérapeutique et le retrait de l'autorité parentale. La relaxe prononcée par le tribunal, au motif d'une insuffisance de preuves, laisse les victimes dans un sentiment d'injustice, témoignant d'un système judiciaire souvent perçu comme défaillant face à des questions de violence intrafamiliale.
Ce verdict, maintenant médiatisé, suscite un débat plus vaste sur la crédibilité des témoignages dans des affaires de violences domestiques et la protection des victimes. Il interroge également sur l'efficacité du système judiciaire à répondre aux enjeux complexes des violences au sein de la famille. Des experts comme Léa Ashtang, psychologue clinicienne, avancent qu'une meilleure prise en charge des victimes et une sensibilisation des juridictions pourraient contribuer à éviter de tels drames humains.







