Lors du deuxième jour du procès à la cour d’assises de Bordeaux, l'épouse de l'accusé a témoigné pendant près de deux heures. Son mari, âgé de 66 ans, est jugé pour le meurtre de son amant, commis le 11 mars 2023. Malgré ses doutes concernant son implication, elle a été vue en train de déjeuner avec lui juste quelques heures après l'assassinat.
La femme, âgée de 54 ans et décrite comme ayant « des cheveux grisonnants attachés en queue de cheval, un piercing à la narine et une veste en jean », a tenu la barre comme témoin clé de ce procès. La présidente de la cour a affirmé : "Vous êtes le motif unique du passage à l’acte de votre mari". L'accusé, originaire de Saumos, aurait ainsi tenté de maquiller le meurtre en un accident de la route.
Le jour de l’assassinat, elle déjeune et dort chez lui, "sur le canapé"
Résidant aujourd'hui à Saint-Yrieix-la-Perche, la femme vivait à l'époque entre Saumos et Lacanau. Mariés depuis 2013, ils ont partagé une vie marquée par des violences psychologiques, selon son récit. Elle témoigne : "Il me rabaissait". Bien qu'ils se soient séparés, elle a continué à voir son amant, rencontré en janvier 2023, dont elle partageait la passion pour les chevaux. À plusieurs reprises, elle a soupçonné son mari de l'espionner.
Le jour du drame, elle déclare avoir reçu un appel de son mari. Alors qu'elle était chez son amant, celui-ci est tombé dans un guet-apens orchestré par son époux. L'avocat des parties civiles, Me Arnaud Dupin, avance : "Il est probable que, bien qu'elle n'ait pas connu les détails, elle a joué un rôle dans ce qui s'est produit".
"Je pensais pas qu'il était capable de faire une chose pareille"
Des réactions éthiques émanent de la cour face à son attitude. "Écoutez, il y a quelqu'un qui est mort dans des circonstances atroces et elle ne se pose même pas de questions. Quelques heures après, elle sort avec son mari, celui-là même qui l'espionnait", déclare l'avocat des proches de la victime. Ce dernier remet en question son état d’esprit et son désir de rester avec l'accusé malgré les soupçons pesant sur lui.
Nombreux échanges téléphoniques entre les époux la veille de l’assassinat de l’amant
À deux jours de la mort de son amant, elle confie aux gendarmes que son mariage et son infidélité coexistent dans une relation ambigüe. "Vous jouez sur les deux tableaux, ce n'est ni un crime ni un délit mais vous ménagez votre mari tout en voyant votre amant", lui fait remarquer la présidente de la cour. Ces éléments jettent une ombre sur la crédibilité de son témoignage.
Cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur le rôle de l'épouse dans un crime passionnel qui illustre les complexités des relations humaines. La défense s'inquiète de son comportement ambigu, tandis que la cour continue d’explorer la véracité de son récit au cours du procès. Les décisions et les circonstances qui ont mené à ce drame tragique interrogent la morale et soulèvent des questions essentielles sur la nature de l'amour et de la vengeance.







