Ce lundi, au tribunal de Bergerac, une affaire d'expédition punitive a captivé l'attention du public. Les faits remontent au 15 janvier dans le village de Carlux, en Dordogne, où plusieurs individus, déjà notoires pour des infractions liées à la drogue et à la violence, ont été imputés. Au total, douze gendarmes étaient présents pour assurer la sécurité de cette audience très mouvementée.
L'incident prend racine dans une dispute autour de dettes liées au trafic de stupéfiants. Les trois victimes et les trois accusés ont des antécédents criminels dans le milieu de la drogue. La soirée fatidique, trois hommes se sont rendus à Carlux pour « régler leurs comptes » avec deux hommes et une femme. Selon les récits divergents présentés, il s'agissait d'un conflit issu de vols de drogues ou d'outils. Un des prévenus a même évoqué une nécessité de vengeance après avoir été agressé quelques jours plus tôt.
Les événements se sont rapidement intensifiés dans la maison où la confrontation a eu lieu. Les victimes, apparues au tribunal avec des blessures manifestes—bras en écharpe, dents brisées pour l'une, et cicatrices significatives pour l'autre—témoignent des violences extrêmes qu'ils ont subies. La seule femme impliquée dans cette affaire a dû être transférée à Bordeaux pour soins, ayant reçu des coups de matraque et d'autres objets contondants.
Elle a expliqué son combat désespéré pour se défendre avec une arme à feu: « Je prends un fusil pour me défendre, mais un homme surgit et me l’arrache, puis je suis frappée à la tête avec une bouteille ».
Parmi les victimes, l’une des personnes visées, accusée d’avoir frappé son agresseur avec une clé à molette, a été enlevée puis liée avec des serflex. Loin d’être épargnée, la victime a de nouveau subi des coups durant son transport, avec des menaces de mort. Un prévenu ayant provoqué une fracture chez cet homme a avoué au tribunal: « J’ai entendu que ça craquait et je ne suis pas fier de ça ».
L’issue de cette expédition violente a coïncidé avec le vol d’un véhicule familial. La voiture a été détectée par des forces de l’ordre qui ont intercepté les suspects, découvrant en leur sein la victime, toujours attachée.
À l’issue de la comparution, un des trois prévenus a été condamné à cinq ans de prison ferme, tandis que les deux autres ont écopé de quatre ans chacun, une décision qui reflète la gravité des actes commis.
Les experts s'interrogent sur la montée des violences liées au trafic de drogue dans la région. Selon le criminologue Didier F, « ces violences et règlements de compte sont symptomatiques d'un climat de tension dans le milieu du trafic, exacerbé par des problèmes de rivalité et de dettes ». Cette affaire a rappelé que la criminalité, alimentée par le trafic de stupéfiants, continue de poser un défi majeur aux autorités locales.







