Le sujet de l’autonomie de la Corse se réveille enfin après des années de silence et d'incertitude. Le président de l’Exécutif corse, Gilles Simeoni, avait évoqué lors de ses vœux de fin d’année la possibilité d’un examen parlementaire pour le mois d’avril, une annonce désormais confirmée par Jean-Jacques Panunzi, sénateur de la Corse-du-Sud. Cette relance de la discussion sur l’autonomie, tant espérée, pourrait transformer la dynamique politique sur l’île.
Lors de son intervention récente sur l’émission PuliticaMente, Panunzi a expliqué avoir eu des échanges fructueux avec Gérard Larcher, le président du Sénat, et tient à préciser que le texte concernant l’autonomie de la Corse devrait effectivement arriver au Sénat dans quelques mois. "Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour convaincre mon groupe de la nécessité d’avancer sur ce dossier, même si cela ne ravit pas tout le monde", a-t-il affirmé avec conviction.
Ce revirement fait écho aux préoccupations exprimées par plusieurs acteurs politiques. En effet, des experts estiment que l’autonomie corse pourrait offrir une meilleure gestion des spécificités locales et des besoins des habitants. Selon un commentaire de la politologue Céline Braconnier, "la décentralisation des pouvoirs pourrait être un atout significatif pour l'île, tant sur le plan économique que culturel".
Pierre Maillan, député corse, partage cette vision. Il rappelle que l’île a une histoire riche qui mérite d’être préservée et promue par des instances locales renforcées : "Le modèle insulaire doit être repensé, car ce qui fonctionne sur le continent n’est pas toujours bénéfique pour la Corse." La production agricole, par exemple, pourrait grandement bénéficier d'un cadre adapté aux réalités insulaires.
Pour que le projet parvienne à ses fins, le sénateur Panunzi insiste sur l’importance de trouver un compromis entre tous les acteurs politiques et sociaux. "S’il n’y a pas d’entente, imaginer un Congrès de Versailles serait illusoire", a-t-il souligné, faisant référence à la réunion conjointe des deux chambres parlementaires.
Cependant, avant d'atteindre cet objectif, le gouvernement devra éviter une crise politique, en contournant les motions de censure qui pourraient être déclenchées suite à des controverses sur le budget. Jean-Jacques Panunzi a affirmé qu’il aurait personnellement voté contre une censure, en défendant l'idée d'un budget pour le bien de la nation.
En conclusion, alors que la Corse se prépare pour un débat potentiellement décisif, les regards se tournent vers le Sénat, espérant un élan vers l'autonomie et une reconnaissance des besoins spécifiques de l'île. Cet été pourrait marquer un tournant historique pour la collectivité insulaire en quête d'identité et d'autonomie. Réponse attendue en avril.







