Le sort de Marine Le Pen se joue actuellement devant la cour d'appel de Paris, alors qu'elle témoigne dans le cadre du procès des assistants parlementaires liés à son parti, le Rassemblement National. Sa performance pourrait avoir un impact décisif sur sa candidature pour la présidentielle de 2027.
Dans la majestueuse salle d’audience, vêtue d’une veste bleu marine, Marine Le Pen, 57 ans, a commencé son interrogatoire en exposant des points techniques sur la gestion des assistants parlementaires d'eurodéputés. Elle a souligné que le Parlement européen ne l’avait jamais informée qu’elle outrepasse les règles. "Nous avons toujours été transparents quant à nos opérations", a-t-elle affirmé, insistant sur le fait que les assistants avaient souvent travaillé pour plusieurs députés à la fois.
La justice reproche des malversations au Rassemblement National entre 2004 et 2016, en relation avec le financement des salaires des employés du parti. À l’époque, le FN faisait face à des difficultés financières importantes. La cour a établi un préjudice d’environ 3,2 millions d'euros au Parlement, après avoir déduit les montants déjà remboursés.
Marine Le Pen, qui a été condamnée à cinq ans d'inéligibilité par le tribunal correctionnel de Paris en mars 2025, exprime actuellement sa volonté de se battre pour surmonter cet obstacle juridique. Alors que l’extrême droite enregistre une hausse de popularité avec 120 députés RN à l'Assemblée, l'ombre de la justice pourrait compliquer sa quatrième candidature.
Durant l'audience, d'autres prévenus comme Julien Odoul ont également témoigné. Ce dernier a relaté ses expériences en tant qu'assistant parlementaire, faisant état d'une communication limitée avec sa supérieure présumée, tout en soutenant qu'il avait agi « pour le bénéfice du parti » en se mettant au service direct de Marine Le Pen.
Certaines analyses estiment que si l’issue est défavorable pour Le Pen, elle pourrait avoir à céder sa place à son successeur désigné, Jordan Bardella, ce qui marquerait un tournant dans l'histoire du Rassemblement National. Les observateurs politiques, comme le sociologue Jean-Claude Michéa, affirment que cette affaire est symptomatique des luttes internes au sein des partis politiques, surtout en période électorale.
Le procès se déroule dans un contexte où la montée en puissance de l'extrême droite française soulève des questions cruciales pour l'avenir du paysage politique, et la continuité de Le Pen sur la scène publique. La suite des événements pourrait redéfinir non seulement ses ambitions, mais aussi l'avenir de son parti, dans une France de plus en plus polarisée.
Alors que Marine Le Pen est à la barre, une autre affaire judiciaire qui la concerne s’est également déroulée en parallèle. La 17e chambre correctionnelle a décidé de la relaxer dans un cas d'injure publique, renforçant ainsi l'intrigante atmosphère de ce procès visant à traiter des allégations sérieuses contre sa formation politique.







