Le procès relatif aux malversations financières du port de Menton a pris une tournure décisive avec les réquisitions du procureur. Dans un contexte tendu, le procureur de la République, Mathieu Bertola, a qualifié les sept prévenus de coupables, dévoilant des peines variant de la prison ferme à des amendes pécuniaires.
Lors d'une allocution de presque une heure et demie, le procureur a exposé des accusations graves. Il a affirmé que le maire Yves Juhel avait détourné environ 30 000 euros de fonds publics, requérant à son encontre trois ans de prison avec sursis, 50 000 euros d'amende, et une inéligibilité de cinq ans avec exécution provisoire. Il a également demandé que la sentence soit affichée à l'entrée de la mairie pendant deux mois.
De son côté, Mathieu Messina, ex-adjoint au finances et ancien PDG de la Société Publique Locale (SPL), est accusé d’un détournement beaucoup plus important, s'élevant à 850 000 euros. Pour lui, le procureur réclame quatre ans de prison, dont un an avec sursis, ainsi qu’une amende de 50 000 euros. À cela s'ajoute une confiscation de ses biens immobiliers pour récupérer les fonds détournés.
Les réquisitions concernant les autres prévenus
Concernant les autres prévenus, le verdict est tout aussi sévère. Sabine Guido, ancienne directrice administrative de la SPL, risque 18 mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Eric Le Floch, lanceur d'alerte dans l'affaire, a également été cité, subissant une peine de six mois avec sursis, ce qui a provoqué des larmes chez son épouse lors de l’audience.
Philippe Mariotti, un chef d’entreprise corse, fait face à 18 mois de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende, ainsi qu'une inéligibilité pendant cinq ans. Quant à Guillaume Tolisano, directeur des superettes, il pourrait écoper de 18 mois avec sursis, 20 000 euros d’amende, et cinq ans d'interdiction de gérer un commerce.
Les accusations et les réquisitions reflètent une volonté de punir sévèrement tout acte de corruption au sein de la municipalité, une démarche saluée par les experts comme un signal fort dans la lutte contre la délinquance financière. Les observateurs s'interrogent maintenant sur la suite des événements et sur l'impact que ces décisions auront sur la gestion future des fonds publics dans la région. Le suivi des procédures judiciaires continuera donc à être scruté de près par la presse et les citoyens.







