Le tribunal de Blois a rendu son verdict sur une affaire d'abus de faiblesse dans une résidence seniors à Montrichard, un mois après le procès. Les sanctions incluent des peines de prison et des amendes pour les accusés.
Tribunal correctionnel de Blois
Le mois dernier, six femmes travaillant dans une résidence pour personnes âgées à Montrichard se sont présentées devant le tribunal correctionnel pour répondre d'accusations d’abus de faiblesse sur six résidents, dont plusieurs sont maintenant décédés. Cette affaire a émergé suite à une enquête minutieuse menée par la gendarmerie, initiée en 2021. La justice a révélé que certaines professionnelles avaient non seulement encaissé des chèques de montants significatifs, mais également procédé à des modifications des testaments et contrats d'assurance-vie des victimes pour en tirer profit, parfois au bénéfice de leurs enfants. Le préjudice total, évoqué par les familles, dépasse plusieurs centaines de milliers d’euros.
Les accusées, parmi lesquelles des auxiliaires de vie et des infirmières, ont affirmé que les résidents étaient en pleine possession de leurs facultés et appréciaient leur attention, ce qui les a conduites à faire des gestes généreux. Deux des prévenues, par exemple, avaient utilisé ces fonds pour s'offrir un séjour au Mexique et des billets pour la Corse. Le ministère public a alors requis des peines de deux ans de prison avec sursis, assorties d'amendes variant entre 5 000 et 7 000 euros, ainsi qu'une interdiction d'exercer, en plus de la confiscation des sommes perçues par la principale mise en cause et deux infirmières.
Les avocats de la défense ont plaidé pour une relaxe, soulignant les liens affectifs sincères qui liaient leurs clientes aux aînés. Certains ont évoqué la prescription des faits et contesté l'état de vulnérabilité des victimes, tandis que d'autres ont dénoncé une enquête perçue comme « à charge et incomplète ».
Le verdict a été rendu le mardi 17 mars. Le tribunal a constaté la prescription pour certains des faits les plus anciens et a prononcé plusieurs relaxes. L'auxiliaire de vie principale accusée a écopé de trois ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis, ainsi qu'une amende de 35 000 euros. Une ancienne infirmière a reçu une peine de 12 mois d'emprisonnement avec sursis et une amende de 2 000 euros, accompagnée d'une interdiction d'exercer son métier pendant six mois. Une autre prévenue a été sanctionnée de 18 mois avec sursis et une amende de 35 000 euros. Deux autres accusées ont été condamnées à des peines de 9 mois avec sursis et 1 000 euros d'amende, et 1 an avec sursis probatoire et 4 000 euros d'amende.
Enfin, le tribunal a reconnu l'abolition du discernement pour une auxiliaire souffrant d'Alzheimer, décidant de la relaxer. Les demandes des parties civiles seront examinées le 8 janvier 2027, comme rapporté par La Nouvelle République.







